C£ D°S. La foke. Sueur-Charruey
DANGERS PRÉTENDUS DE LA CONTINENCE o1
ne pouvons admettre que les mêmes effets désastreux résultent de la suppression de la fonction sexuelle qui n’est pas, nous l’'avors dit, essentielle à la vie. L'observation nous donne pleinement raison.
La continence s'obtient d'ailleurs sinon sans lutte de l'esprit et du cœur, du moins sans violenter le corps ; elle ne trouble aucun organe. La semence se sécrèle toujours et s'accumule dans les canaux et les réservoirs : l'époux la dépense dans les rapports, à des intervalles plus ou moins rapprochés.
Chez le continent, au contraire, le sperme est en partie résorbé, ce qui est un gain pour l’économie, en partie évacué au dehors par les pollutions naturelles qui soulagent et réconfortent l'individu, loin dele fatiguer, comme on l'a prétendu. I faut encore noter que la continence atténue à la longue la sécrétion spermatique et contribue d'autant à la vigueur du tempérament ; mais nous ne Croyons pas avec certains auteurs que la fonction génitale des continents arrive à s’atrophier et
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à se perdre, au moins pendant l'âge viril.
Les vertus sanitaires de la continence trouvent jusqu à un certain point leur confirmation dans la longévité de ceux qui l'observent d'habitude. On sait depuis longtemps que l'état ecclésiastique se distingue le plus de toutes les professions par sa longévité. Nous n'avons garde d’attribuer à la statistique plus d'importance qu'elle n’en mérile et de prendre pour absolu ce: qui n'est que relatif ; mais nous devons reconnaître, avec la raison et l’expérience des siècles, que la vie sage et calme, sous une règle qui discipline les passions, est en général appelée à durer plus longtemps que celle dont on dépense l’activité dans le dangereux tourbillon du monde et surtout que celle dont on gaspille les forces en mille excès. Combien de malheureux justifient par leur existence tourmentée le célèbre aphorisme : L'homme ne meurt pas, il se tue ! La continence n'est certes pas, à elle seule, un brevet de longue vie ; mais, en nous sevrant des folies du sens, des caprices des passions lascives, qui sont les plus meurtrières, elle est une condition évidente de longévité.