CHAPITRE VII
. Le célibat est difficile à garder : aussi décourage-t-il les âmes faibles et pusillanimes, et fait-il peur aux cœurs vils et charnels. Bien des hommes s’en éloignent, et, n'ayant pas la force morale de le pratiquer, l'honneur de le respecter, ne manquent pas d’excuser leur lâcheté par ces affirma tions sans preuve qui courent les rues el peuvent encore tromper les esprits simples et naïfs. Il ne faut pas se lasser de poursuivre et de réfuter les sophismes du vice.
. L'un des plus répandus, et certainement le plus habile, s'attaque au célibat au nom de la science et prétend justifier l'incontinence par la physiologie ; il revêt des formes variées suivant les milieux, mais peut se résumer en ces termes :
L'homme a des organes : il doit s’en servir. Si le célibat était une loi de la vie individuelle et sociale, l’économie de la nature humaine serait en défaut. Or, la nature
vient de Dieu, elle a été créée avec ordre et mesure, et ses exigences sont inéluc-
tables. À quoi bon des organes, s'ils n’ont pas une fonction correspondante, ou si cette fonction ne doit pas s'exercer ? | Ces objections sont ridicules et reposent toutes sur un sophisme qu'il est facile de réfuter. La nature et la destination des organes génitaux non seulement sont comprises par les continents, mais ne sont bien comprises que par eux : les luxurieux ne savent que les méconnaître et qu’abuser du sens générateur. Voilà toute la vérité.
Le célibat n’est pas contraire à la nature, et ceux qui le gardent respectent ses lois tout en obéissant aux lois supérieures de la raison et de la foi. La-vie sexuelle n’est pas nécessaire à notre existence comme le boire et Ile manger : elle n’est faite que pour le mariage, disons mieux pour la généralion, et ne saurait être détournée de sa fin. [a nature elle-même se charge de