‹ La vie de jeune hommeChapitre 14 sur 31 · PR DE ARE · texte numérisé non relu

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nous enseigner cette nécessaire vérité et nous apprend à garder notre rang dans le monde, à aimer notre âme, à nous souvenir de ses immortelles destinées.

Regardez la bête et dites si sa vie est une vie sexuelle et se consume en désirs irrésistibles et en rapprochements incessants.

Elle n’a qu'un temps pour les «amours ».

Son existence végétative se poursuit presque tout entière dans l'indifférence. Les rapports n'ont lieu qu’à une époque précise, limitée, ef uniquement pour procréer.

La vie sexuelle se montre là dans son vrai rôle, surajoutée à la vie générale et destinée seulement à la multiplication et à la propagation de l'espèce.

L'homme serait-il inférieur à la bête?

Serait-il le seul des êtres vivants à ignorer la modération et la réserve ? Trouverait-il dans ses facultés supérieures asservies aux pires instincts les moyens de tromper la nature et de faire de sa vie une longue débauche sexuelle ? Nul ne voudrait croire à un tel abaissement, à un pareil asservissement, et il faut bien admettre que la pire bestialité n’est pas digne de nous.

L'homme n'est pas une béte. | Nul moment ne lui est assigné pour la fécondation, et il peut faire l'amour en tout temps. Mais il a une âme, une intelligence et une volonté; et c’est à sa raison qu'il appartient de guider le sens génital, d'en limiter l'exercice et de le réserver pour lé mariage. Cette raison, — dont nous sommes si fiers, et à juste titre, — seraitelle moins assurée que l'instinct animal, impuissante à le dominer et à le maîtriser? Serions-nous incapables, sinon de subir sans défaillance, du moins de comprendre toujours les rigoureuses exigences de la continence et d'y subordonner notre vie ?.. Poser la question, c’est la résoudre.

Le célibat, nous l'avons dit, consiste à s abstenir de la vie sexuelle, à y demeurer étranger. Sans doute les appétits de-.

meurent au fond de la nature animale, ils n y restent ni calmes niinactifs, et souvent le continent les sent naître, grandir, se .

soulever violemment ; mais il leur oppose une résistance volontaire, raisonnée, et il arrive à les maîtriser. C'est une source de peines, et aussi de mérites. L'instinct,

srâce à Dieu, ne gouverne pas la volonté, la raison ne saurait céder à la bête.

Le sens génital est impérieux chez tous, mais dans le célibat il doit être asservi et domestiqué. Quand il parle, on Île fait taire : on sait qu'il demande le mariage et ne peut être satisfait que dans sa fin. Celui qui prétend vivre en dehors du mariage doit renoncer à ce sens et faire tomber l'appétit qui n’a plus d'objet. Les organes génitaux existent, mais ils ont leur attribution définie et ne peuvent servir qu'à atteindre leur but naturel.

Les sectaires ne peuvent croire à la réserve de la continence, au repos des organes ; et quand ils l'admettent, ils se donnent le malin plaisir d'y voir un amoindrissement et une déchéance de la nature. Pour dégoûter la jeunesse, ils vont répétant que les hommes chastes ont perdu quelque chose, alors qu'ils ont vraiment gagné par le détachement des sens l'élévation de l'esprit, le développement du cœur et la plénitude de la vie.

Pourquoi les calomnient-ils ? Pourquoi en parlent-ils comme de'« mutilés que la

société rejette, que la nature répudie ? »

Les jeunes gens se garderont de tomber dans cette grossière erreur qui n'est qu'un piège tendu à leur candeur. | Les continents, qu'on le sache, sont des

mûles comme les autres, mais ce sont des

mâles supérieurs qui sont maîtres de leurs sens ef saventles subordonner à la loi supérieure de l'esprit. La chasteté n’enlève rien à l'homme, elle n’est réelle, grande et mériloire qu'avec l'intégrité des organes et la lutte vaillante, raisonnée, qu’elle suppose.

C’esten vain que les ennemis jurés de la chasteté font appel à l’orgueil, à l'igno-

rance, à la pire passion pour dégoûter et.

décourager les continents, les ramener à la chair et les ravaler au niveau des luxurieux, c'est-à-dire des bêtes : ils travaillent en pure perte et n'arriveront pas à enleverà la vertu sa divine auréole et à faire prendre pour unamoindrissement etune déchéance ce qui est manifestement l'honneur viril et le relèvement surhumain de la nature.

La chasteté chrétienne suppose une continence absolue, et l'on comprend que les ennemis de Dieu ne la croient ni accep-

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table ni possible : on ne l’observe pas en dehors de la foi. Le célibataire, tel que l'Eglise le veut, n’est pas seulement continent en Jak, il l'est d'intention. I y a là une rigoureuse servitude ; et quand le Divin Maître l'a imposée à notre cœur, il n’en a pas caché le poids, mais il a donné le moyen de le supporter : il a promis l'assistance de sa force à ceux qui se feraient eunuques volontaires. « Entendez-le bien, dit-il, il y en à que la naissance ou la cruelle industrie des hommes mulilent dans leur chair ; mais ceux qui ont recu le don de Dieu se multilent spirituellement pour le royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre comprenne. Il y a là un mystère. » Voilà le secret de la chasteté chrétienne, la mystérieuse puissance de la grâce!

La mutilation spirituelle, dont Jésus- Christ nous a donné le divin modèle et la sublime leçon, est la seule que comporte le célibat, la seule que préconise et commande la foi : les croyants en sont uniquement capables et en donnent le grand et ré-

<onfortant exemple au monde. L'antiquité païenne s'est nourrie d'impureté et a tou-

jours ignoré la vraie continence, celle qui résulte de l'empire de la volonté sur les passions, éteint tout désir charnel et mainlient le cœur chaste ; mais en présence du débordement des mœurs, elle a dû comprendre un jour la nécessité de ne pas satisfaire tous les caprices du sens génital, de retenir ses dangereuses ardeurs, ses.

extravagants emportements et d'imposer des limites aux excès de la luxure. Foutefois, bornée par les étroites vues du matérialisme, sans règle morale positive, sans sanction efficace, elle a misérablement échoué. Elle n’a su concevoir qu’une continence malérielle, toute extérieure et a voulu la réaliser par des moyens coercitifs et sanglants : la castration et l'infibulation. La tentative est curieuse et montre bien l'abime qui sépare la foi chrétienne du paganisme : nous devons nous borner à la signaler ici !.

La castration des anciens est une cruelle et inutile opération : elle ne donne pas la vertu, mais la stérilité. Les eunuques, privés

+ Cf: D°S.'La Morale, 9° éd: 14;

ORGANES SANS FONCTION Gi

de l'organe viril, incapables de satisfaire leur propre sens ou du moins de pratiquer l'acte charnel, ont été, dans la société romaine, d'infâmes instruments de luxure et ont servi les pires passions : leur continence était illusoire et fausse.

Voilà pourtant la seule réserve que les anciens aient connue ! Elle est grossière, artificielle et répugnante, aussi opposée à la chasteté chrétienne que la matière l'est à l'esprit. La raison la condamne tout autant que la foi. Qu'elle soit brutalement imposée à des jeunes gens dont elle maitrise pour un temps les excès sans corriger les vices, ou qu’elle serve les plus viles passions du libertinage, elle n'a rien de libre ni d'honnête, et soulève toujours le dégoût et le mépris.

Jl est une autre mulilalion que les luxurieux connaissent trop bien, qui s’observe à tous les âges et qui résulte directement du débordement des passions : parlons-en.

L'incontinence entraîne à sa suile les maux les plus variés, les plus graves, et au premier rang l'impuissance. Celui qui a mésusé

du sens reçoit de la nature épuisée et en

révolte une leçon méritée, une punition

salutaire : il devient incapable de répondre à l’aiguillon de la passion qui faisait ses délices et sa vie, il a des organes qui n’obéis-

sent plus à ses désirs charnels et qui sont . comme s'ils n'étaient pas. Voilà les éclo-

pés du vice génésique, les vrais multilés.

Ne craignons pas de rappeler leur triste

exemple et n'hésitons pas à l'opposer aux

contempteurs de la continence. Ces muti-

lés sont bien coupables et peu intéressants :

ce sont des victimes volontaires de la débauche. On ne les rencontre pas dans le camp des croyants, des chastes et des purs.

Ceux-ci gardent l'honneur de leur corps, l'intégrité de leurs organes et n’y subissent pas la moindre flétrissure, la plus légère atteinte. Hs ne se soumettent librement qu'à une seule contrainte : celle de leur volonté et de la loi de Dieu. Leur contrnence n’a rien de forcé, rien de matériel, elle met en jeu le cœur et la volonté, les détache de la chair et de ses basses convoilises et les élève vers le principe de tout bien et la source de toute pureté, vers le Dieu d’amour et de charité.

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