OU EST L’HYPOCRISIE
De toutes les qualités qui parent la jeunesse. les plus séduisantes sont assurément l'amour de la vérité, la droiture, le vifsenliment de la justice et dé l'honneur, et c'est à elles que nous faisons appel pour l’engager dans les voies étroites de la vertu. Les ennemis de tout bien les connaissent comme nous et en redoutent l’action si puissante pour arracher l'adolescence aux turpitudes du mal. Aussi, par une infâme manœuvre, cherchent-ils à les tourner contre la chasteté : ils vont répétant que la continence, recommandée aux Jeunes gens, n'est qu’un leurre, parce qu'elle dépasse les forces de la nature. Ceux qui se
prétendent continents, disent-ils avec une fière impudence, se trompent ou plutôt veulent tromper les autres : ce sont des menteurs et des hypocrites.
L'accusation qui se répète journellement doit être relevée : elle n'a pas le moindre fondement, elle est radicalement fausse.
Qui s'occupe, dans ce mondelivré au travail ou au plaisir, d’une vertu aussi intérieure, aussi cachée que la chasteté ? Elle ne vise 1ci-bas ni la gloire ni les honneurs : elle vit de peines et de renoncement dans l'obscurité et le silence. Ce ne sont pas ses avantages temporeis qui la recommandent :
et la font embrasser, mais la crainte et l'amour de Dieu. Elle a la conscience pour témoin et le ciel pour couronne. Le monde ne connaît pas ou méprise une vertu qui fleurit dans le cœur et que les anges seuls : honorent? Que viendrait faire ici Fhypocrisie ? :
Accordons cependant à nos adversaires que celui qui à fait le premier pas dans la voie du mal est bien près de faire le second et demeure capable de toutes les bassesses.
Rares sont les imprudents qui s'arrêtent