‹ La vie de jeune hommeChapitre 23 sur 31 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

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La chasteté féminine, qui est si précieuse à notre société décadente et conserve à la famille son dernier rempart, un reste de force et de stabilité, cette chasteté est un fruit naturel du christianisme. C'est la foi qui rend les jeunes filles pures, c’est elle encore qui permet aux femmes d’apporter un cœur vierge à leurs maris et de leur garder l'honneur et la fidélité.

Les libres-penseurs savent bien ces choses, car, s’ils font fi de la religion pour eux-mêmes, ils la jugent bonne pour leurs femmes et leurs filles, envoyant celles-ci au couvent et celles-là à la messe. Ils ne doutent pas que, pour les autres, la pra-

+ tique religieuse donne une sanction efficace à la morale, els veulent chez eux

de la moralité. Cette barrière de la morale,

que la foi seule rend solide et profitable,

— et qui gênerait les ébats de leur propre vie, — leur semble utile, indispensable à la vertu des femmes et à l'honneur sacré du foyer.

Pourquoi, nous le demandons au nom de la raison, au nom de la science, ce qui est vertu pour la femme devient-il sottise,

vice ou crime pour l’homme ? Pourquoi cet inégal et singulier partage, pourquoi ce double poids et cette double mesure dans la moralité, qui devrait être une et égale pour tous ?

La femme n'est-elle pas faite de chair et

de sang, en proie à la concupiscence,

conime l'homme ? N'éprouve-t-elle pas aussi, dans sa vie tourmentée, la vivacité troublante des images, la morsure aiguë du désir, la violence de l'appétit sensuel ? N'est-elle pas enfin de moitié avec nous dans la loi mystérieuse de l'amour charnel?

On dira peut-être que la femme n’a pas

PR TE Te AS RUE

les ardeurs brutales de l'homme, mais on ne prouvera pas — ef ce point est essentiel — qu’elle ne sent pas tout autant, sinon plus que nous, quoique d'une autre manière. Chaque sexe a son rôle dans l'union conjugale ; mais les appétitions sont vives et profondes de part et d'autre pour répondre à la fin du mariage.

Le tempérament féminin est d’ailleurs spécial : loin de valoir le nôtre, il est plus fragile, plus délicat, plus nerveux. Les passions sont vives, le cœur impressionnable, la sensibilité affinée, profonde; et, pour résister à une telle nature, pour faire triompher la raison et la grâce, la femme ma à son service qu'une volonté débile, fantasque, instable. Elle offre donc, au point de vue naturel, une infériorité évidente sur l’homme ; et pourtant dans les circonstances de milieu les plus difficiles, elle arrive, avec l’aide de la foi — Îles faits le démontrent — à pratiquer victorieusement la continence.

11 y a là une vertu dont le bel exemple ne doit pas être perdu.

Quelle puissance est acquise à l'homme

De quelles ressources ne dispose t-il pas

pour le bien ! Et comme il lui serait facile de rester chaste ! Avec la volonté de fer

qui le caractérise, il est capable de vaincre

ses passions et inexcusable de leur donner

l'essor. Comment n’exerce-t-il pas son pou-

voir ? Comment ose-t il non seulement le

négliger en vue des plaisirs faciles, mais

le contester et le nier absolument pour

justifier son vice ? Comment méconnaître,

sans mentir à l'expérience, la possibilité du célibat, la vertu de ceux qui se vouent à la continence, les mérites transcendants de la chasteté ? Il faut, pour arriver à un tel degré d'erreur et d’inconséquence, toute la fougue d’une basse passion ou toute la haine antireligieuse des sectaires. |

Mais cette haine est aveugle, et elle sert parfois admirablement la foi qu’elle poursuit : elle a préparé à la vérité une splendide revanche qu'on ne saurait trop proclamer. Elle a combattu Dieu avec acharnement, avec rage, elle l’a poursuivi par-

tout sans relâche, l'a chassé des écoles, des hôpitaux, des institutions publiques;

et bientôt, à la faveur de l’apostasie offi-

cielle, nous ne disons pas nationale, ont suroi sur la terre de France les générations nouvelles sans idéal et sans vertu.

La femme ne pouvait pas ne pas suivre ce détestable mouvement : elle a subi l'influence néfaste de l’enseignement athée et a peu à peu déserté l’église et abandonné les pratiques religieuses. Par une conséquence fatale, en perdant la foi, elle perdait les mœurs. C'était la fin de la chasteté, mais c'était aussi celle de l'honneur et du respect. Du moment que la femme n’écoutait plus que la voix de la chair, elle n'avait plus droit à ses privilèges et tombait honteusement du piédestal où l'avait placée sa vertu. La déchéance avait sa raison d’être.

Mais le vice voulait rabaisser encore la femme, et il y arriva par l’insinuante flatterie. On lui fit entendre que ses droits avaient été méconnus jusque-là, qu'ils étaient semblables à ceux de l'homme et que sa vie devait exactement s'égaler à la nôtre ; et le féminisme, heureusement in venté pour soutenir ces prétentions, prit aussitôt son essor et se développa logi-

quement avec ses utopies et ses extrava-

gances. Nous n'avons pas à approfondir ici ces misères, mais un seul exemple en dira les dangers. On a poussé si loin la thèse ridicule de l'égalité des sexes quon a voulu supprimer les différences extérieures et faire adopter à la femme le vêtement masculin.

La Ligue des droits de la femme s'est attelée d’abord à cette belle tâche, mais ses efforts ont été couverts de ridicule êt

d’insuccès. Le sexe faible a longtemps

résisté, trouvant dans la jupe le signe de sa réserve et la défense de sa pudeur. Mais sa perte était préméditée, el tout a été mis en œuvre pour la consommer. L’obstacle n'est-il pas déjà. très habilement tourné grâce à la furie de cyclisme qui agite le monde des femmes et même de certaines dames ? Le port du pantalon qui attire le sens de l'homme, à défaut du respect, est autorisé par le sport, passe à l’état d'usage, s’accepte un peu partout et sera bientôt universellement répandu au détriment des mœurs. L'indécence d’un tel habillement charme certains, en choque d’autres, mais

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ne sera jamais tolérée par la morale des honnêtes gens.

Plus la femme se laisse gagner à l'incrédulité, plus elle perd ses vertus et son pouvoir. Dès que la foi l’'abandonne, elle renonce à la pudeur. La chasteté n'a plus ni attrait, ni valeur, elle devient inutile, génante, surannée ; et l’on ne compte plus les malheureuses éhontées offrant leurs charmes à tout venant et se prostituant publiquement. Les hommes s'amusent ; on s'amuse avec eux, mais on descend audessous de tout ce qui est respectable.

Dépouillée de sa pure auréole, la femme n’est plus la digne compagne de l'homme.

Cénest qu'une courtisane, ce qu'était la femme antique : une esclave de l'homme préposée à ses plaisirs, un outil dont on use mais qu'on mestime pas, un vil instrument de débauche. Voilà l'abaissement lamentable dont est témoin notre siècle, voilà l'abime de turpitudes où tombe la femme, relevée et ennoblie par le Christ, quand elle perd la pureté avec la foi !

Laissons cette fange el revenons aux principes sauveurs. L'homme et la femme

ont des droits, maïs ils ont aussi des devoirs. Ce n’est pas le lieu de les exposer, . mais nous tenons à rappeler qu’il y a entre eux des liens nécessaires et une corrélation parfaite. L’oubli de ce rapport a causé tous les désordres dont souffre et dont meurt, hélas lla société contemporaine.

La femme doit être chaste, et elle le peut avec l'aide de Dieu ; mais pour quel’homme ait le droit de lui demander une telle vertu, il doit, lui, l’être fort et supérieur, le maître incontesté du foyer, lui en donner le noble exemple. Il ne saurait être .

fondé à exiger de la femme la continence, tant qu'il s’attribue l'outrecuidante prétention d'être luxurieux. La loi de Dieu est faite pour tous.

Jeunes gens, ne soyez jamais inférieurs en vertu à personne, puisque vous avez la supériorité du tempérament. Vous aimez, vous voulez la chasteté dans vos sœurs.

Vivez comme elles dans la continence, pour rester honnêtes, sains, forts et être dignes de fonder un foyer.

! Cf. D'S., L'Amour sain ; La vie à deux, 3° éd., Maloine.

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