‹ La vie de Joseph-François Perrault [microforme]Chapitre 13 sur 25 · À LA VIE DE · texte numérisé non relu

À LA VIE DE

À défaut de plus ample encouragement parle nombre des élèves, M. Perrault comptait sur les secours des citoyens qui avaient unanimement applaudi à son dessein et l'avait encouragé, sur lu foi publique, à l’entreprendre. Il n’en fut rien, et la fable de la Fontaine se répèta :

‘“ S'agit-il de délibérer,

‘“ La Cour en conseillers foisonne,

‘ Faut-il exécuter, ‘“ On ne rencontre plus personne.”

Ainsi M. Perrault se trouva chargé seul de la ferme et de l’école,

Il lutta jusqu’à la fin de l’année suivante, mais vit bien que, sans aide du public, il ne pourrait faire face seul aux dépenses qu’il aurait encore à encourir avant de mettre la terre dans un état productif. Il faut observer ici qu'il avait déjà à maintenir ses deux fondations d'écoles de garçons et de filles, dans le faubourg Saint- Louis. Il abandonna, à regret, cette école, faute de moyens, après l'avoir offert au gouvernement pour la continuer.

Voici son témoignage, à ce sujet, devant le comité de la Chambre, sur l'offre qu'il avait faite de remettre le le tout entre les mains du gouvernement:

.... Lorsque, dit-il, j'ai entrepris cette institution, je l'ai fait sans espoir de profit, et avec les meilleures intentions, dans l’intérêt public; je l'ai soutenue de mes deniers propres, quoique les profits n’en dûssent pas être miens, mais dûssent appartenir à M. Girod, ainsi qu'on

le verra par mon marché avec lui, dont je produis maintenant copie. Je produis aussi copie du bail de la ferme. Je ne demande rien de plus qu’un juste remboursement de mes avances; on peut voir, par ce que je viens d'exposer, que je n’ai jamais eu intention de faire un profit par moi-même. Si l’on me demandait les causes du peu de succès de l'établissement, je l’attribuerais au peu de docilité des élèves à suivre des règles aussi strictes que celle d’une institution modelée sur celle d'Hofwyll, et au soutien que les parents ont donné à cet égard à leurs enfants. Je crois pourtant de semblables règles nécessaires dans une institution de ce genre. Quant à M. Girod, il s’est donné tous les soins possibles, et je n'ai qu’à me louer de lui, tant pour la régie générale de l'établissement que pour sa conduite envers les élèves.

M. Girod, de son côté, dit que la terre était en trop mauvais état pour donner des profits immédiats, qu’il fallait un temps raisonnable pour l'améliorer, et que, sous ces circonstances, le prix du bail était trop élevé.”

Il est regrettable qu'on ait laissé tomber alors un établissement de ce genre, qui, avec le temps, aurait été - appelé à produire d’heureux fruits.

Cependant, si l’on en juge par le peu d'encouragement que la classe agricole a donné à l’école d'agriculture de Sainte - Anne Lapocatière, fondée longtemps après, subventionnée par lé gouvernement, et dotée par lui d'une dizaine de bourses, il n’y a pas lieu de s'étonner que M. Perrault, s'étant trouvé dans un milieu encore moins favorable, n’ait pu maintenir sa fondation, faute

d'élèves et d'aide du dehors, Ses efforts n’en sont pas néanmoins moins louables et ses traités d'agriculture et d'art vétérinaire survivront, etson exemple aussi.

Nous allons maintenant raconter d'autres travaux et d’autres œuvres de fondations qui eurent un meilleur succès, et qui, en effet, prospérèrent, comme il le dit luimème, à son entière satisfaction,

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