‹ La vie de Joseph-François Perrault [microforme]Chapitre 15 sur 25 · OH ! DIVINE INSTITUTION · texte numérisé non relu

OH ! DIVINE INSTITUTION

Moyen Infaillible de Salut !

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QuiconQuE, parmi les Marchands, est convaincu de ces vérités et désire en atteindre le but, est prié instamment d'envoyer à l'Office du Soussigné, au Palais de la Justice à Québec, des coupons de toile, de lainage, des Bas, des Chaussons, des Mitaines, des Bonnets, des Souliers, enfin des restes de leurs Magasins, pour vêtir, à l’approche de l'hiver, 200 enfants de son Ecole.

J.-F. PERRAULT, Prot.

Québec, le 20 Septembre, 1830.

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Sa prévoyance s'étendait plus loin dans l'avenir. Pour propager son œuvre il invitait et admettait gratuitement au cours complet (6 ans) quiconque voulait se qualifier pour tenir une école élémentaire, Voici une annonce à cet effet insérée dans “ The Quebec Mercury.”

‘ Bonne nouvelle! Quiconque désire se qualifier pour “ tenir une école élémentaire française sera reçu gratuite- ‘“ ment à l’école de M. Perrault pour y faire son cours, ‘et il lui sera donné certificat du temps qu’il aura ainsi ‘employé.

Jos.-F, PERRAULT, Protonotaire.

Québec 24 avril 1830.

“ Messieurs les imprimeurs sont priés d'annoncer dans leurs gazettes cette bonne nouvelle pro bono publico.”

Avec ses ressources pouvait-il faire plus ? Quand, pour subvenir à ses dépenses personnelles et domestiques, il se mettait à la gêne et regrettait de ne pas pouvoir rétribuer d'avantage ses instituteurs.

Feu M. J.-P. Rhéaume, avocat, de Québec, avait reçu sa première éducation aux écoles de M. Perrault et il en parlait toujours avec un sentiment de respect et de reconnaissance. [Il rappelait le temps où M. Perrault l'avait à la suite engagé pour enseigner dans l’une d’elles avec un modeste salaire, et le chagrin que celui-ci témoignait de ne pouvoir l’augmenter. Et c'était bien le cas, ajoutait M. Rhéaume. Car il payait tout son monde au greffe, à la fin de chaque semaine, et j'ai été témoin, bien des fois, qu'en comptant la faible somme

qui lui restait de ses émoluments, il me la montrait en disant: “ Voilà tout ce qui me reste pour aller au marché cette semaine.”

Un point dans l'éducation sur lequel il est bon d’appuyer, et auquel M. Perrault tenait particulièrement, était la bonne tenue des élèves, la politesse et les égards entre eux, Les sobriquets, noms de guerre ou autres, étaient bannis, et les formes de bienséance du langage devaient être observées dans la conversation ; les mots grossiers étaient entièrement exclus. On apprenait aux enfants à écouter, à ne pas parler sur un ton élevé, à ne pas voler la parole et crier à tue-tête pour étouffer la voix des interlocuteurs, et surtout à ne pas affirmer avec serment et no pas prendre l'habitude d'expressions qui approchent des jurements. M. Perrault avait vécu à une époque où l’art de la conversation formait une partie essentielle de la bonne éducation. Il tâchait de l'inculquer de bouche et d'exemple à ses écoliers.

Un autre point important, mais sur lequel nous regrettons que M. Perrault n'ait pas dirigé son attention immédiate, en publiant ses livres d'écoles, et en conformité à son but de former des citoyens utiles à l'Etat, est le manque d’un petit formulaire, clair et simple, contenant un exposé des principes fondamentaux du gouvernement du pays, où l’enfant pourrait, dès son bas âge, apprendre ses devoirs envers l'Etat et en même temps 80 préparer à exercer avec sagesse les privilèges et les droits civils qui lui sont conférés.

Néanmoins, on ne saurait guère blâmer M. Perrault de

cette omission ; il allait, comme on dit, au plus pressé. D'ailleurs, de son temps, la constitution du pays n'avait pas encore pris la forme définitive et stable, autant du moins que les institutions humaines le comportent, qu'elle a aujourd’hui dans la Confédération et dans l'autonomie des provinces.

Cependant, ces notions sont maintenant considérées comme une partie essentielle de l'instruction primaire, et sont ainsi enseignées chez la plupart des peuples qui suivent les progrès de la civilisation moderne.

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Partout où l'intérêt de l’éducatlon l’appelait, M. Perrault répondait à l’appel.

En 1825, sous les auspices de Son Excellence le comte de Dalhousie, gouverneur général, les principaux citoyens de Québec, tant d’origine française qu’anglaise, se réunissaient au Château Saint-Louis, dans le but de fonder une société littéraire, dont la sphère d’influence devait rayonner sur toute l'Amérique du Nord.

Pour mieux atteindre le but que se proposait de poursuivre cette association, ses membres obtinrent, en 1830, une charte d’incorporation de Sa Gracieuse Majesté Guillaume IV, sous le rom de ‘“ Société Littéraire et Historique de Québec,”’ ‘ afin de rechercher, de se procurer et de publier des documents intéressants concernant l’histoire naturelle et littéraire de l'Amérique Britannique du Nord, et pour l’avancement des arts et

des sciences dans la province du Bas-Canada, dont le public pourra bénéficier.” - |

Parmi les organisateurs et fondateurs, se trouve, au premier rang, dans la liste des noms des Canadiersfrançais, celui de Joseph-François Perrault, qui eut inscrit dans la charte royale de la Société comme un des fondateurs.

Il fit plus, il donna un concours actif à l’œuvre de la Société en donnant des lectures et des conférences sous ses auspices, et il rédigea sur son appel,le Plan raisonné d'éducation générale et permanente, qui lui valut le prix décerné par la Société pour ce sujet, consistant en une médaille d'argent.

Ce prix avait été offert, en 1830, pour ‘ la meilleure ‘“ thèse sur le système le plus complet d'éducation, le ‘ plus propre à avancer la prospérité et le progrès intel- ‘€ lectuel du pays.” Cet essai fut publié dans les Transactions de cette suciété pour la même année. Il le fit réimprimer à ses frais, pour le répandre dans le public, et en destina le produit à vêtir les enfants pauvres de ses écoles pendant la saison rigoureuses d'hiver.

Quelques-uns ont peut-être oublié qu’il existait au commencement du siècle une association antéricure du même genre nommée ‘ La Société Littéraire de Québec.” Elie admettait dans son scin les personnes instruites de la ville et avait 1éussi à former un cercle littéraire et une bibliothèque. M. Perrault et son tils François-Xavier étaiont, en 1808, du nombre des membres agrégés et diplômés qui la composaient,

La Société Littéraire et Historique de Québec a absorbé sa devancière, et a acquis subséquemment la bibliothèque d’une autre société analogue, “ la Société de la Bibliothèque de Québec.”

Qu'il nous soit permis, en passant, de faire remarquer à ce sujet, dans l’intérêt de la haute éducation, que cette société devrait recevoir plus d'encouragement de la part des citoyens de la ville de Québe particulièrement de ceux de race française, afin de la mettre en état de publier, comme par le passé, des productions littéraires et scientifiques, qui lui ont valu sa bonne renommée dans l’Amérique et à l'étranger, et qu’on devrait avoir à cœur de maintenir.

Québec a acquis un certain renom de ville littéraire, et il n’est que juste de reconnaître que cette société, depuis sa fondation, a contribué à le lui acquérir, surtout par les échanges de ses publications avee celles des sociétés de même nature dans les pays étrangers, lesquelles sont très recherchées et duement appréciées.

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