CHAPITRE VIII
La Souffrance.
Aucune vie n'est exempte de souffrance et cependant nous n'étions pas créés pour la subir. Tout était bonheur dans le dessein primitif de la Providence. L'âme plongée dans les délices de la possession divine, les facultés soumises à l'âme formaient un ensemble d'harmonie paisible et de félicité sans fin.
La révolte du premier homme rompit cet équilibre et le péché suivi du châtiment marqua une étape dans l'histoire de l'humanité.
Rien de grand comme l'ordre établi dans la création. Voyez le mouvement de rotation de la terre, la gravitation des étoiles dans le firmament et admirez les lois mystérieuses régissant le monde : Des lois morales existaient également et leur destruction devait plonger toutes les générations dans la douleur.
Le drame du Paradis terrestre est l'histoire de l'atome bravant son créateur et incarnant dans sa rébellion l'orgueil le plus démesuré et les curiosités les plus basses. Toutes nos tendances corrompues ont leur germe dans cet acte dont
nous portons la fatale hérédité. L'humanité rachetée par le Christ pour l'éternité traîne son châtiment temporel. Personne n'échappe à la douleur parce que personne n'échappe au péché- Si vous l'acceptez avec résignation, elle sera moins lourde, mais supportée avec amour elle deviendra légère.
Joignez vos souffrances à celles de Jésus pour le salut des âmes aimées ; aucune ne sera perdue. Elles s'élèveront avec le grand cri de miséricorde et d'amour qui sauva le monde. Voyez le divin crucifié, pas une plainte ne s'échappe de ses lèvres et cependant les soldats romains vaincus par la puissance mystérieuse de cette douleur divine, se frappent la poitrine et s'écrient : « Celui-ci était vraiment l'Agneau de Dieu. »
Cette attraction merveilleuse est à votre disposition ; vous pouvez, selon l'expression de saint Paul, ajouter ce qui manque à la Passion du Christ et collaborer d'une façon indirecte à son œuvre rédemptrice.