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CHAPITRE VII

La lecture.

La lecture est le moyen le plus efficace et le plus attrayant de développer notre intelligence.

Les grands auteurs de l'antiquité et des temps présents nous communiquent leur pensée, nous vivons de leur vie, de leurs enthousiasmes de leurs espérances. Les philosophes et les théologiens soulèvent pour nous le voile de l'au-delà ; les historiens nous font connaître l'épopée des nations et nous montrent la marche lente de l'humanité vers le progrès. Les poètes chantent nos joies et nos douleurs et les saints nous apprennent le but suprême vers lequel nous devons tendre.

Tout un monde inconnu s'offre à notre curiosité ; vous subissez son attrait et faites une large part à la lecture dans chacune de vos journées de congé. Mais lisez-vous avec l'intention de vous instruire? Songez-vous à éclairer votre foi, à l'appuyer sur une base solide? Vous avez à votre disposition les œuvres de Bossuet, de Fénelon, de Bourdaloue. Dans les temps plus modernes vous pouvez prendre Lacordaire, Monsabré, Gratry. Ce travail, aride en appa-

rence, vous réservera bien des joies et vous fera sortir de la routine d'une piété de façade. Il vous reste ensuite à cultiver votre intelligence. L'instruction nivelle de plus en plus les classes de la société. On ne juge les êtres que sur leur valeur et non d'après leur naissance; or rien n'élève comme la lecture bien comprise; prenez les chefs-d'œuvre des maîtres; les œuvres de Corneille, de Racine, les Lettres de Mme de Sévigné, les Contemplations de Victor Hugo, les Méditations poétiques de Lamartine, ses Harmonies poétiques et litigieuses, Graziëllay les délicieuses poésies d'André Chénier et d'Alfred de Vigny, et tant d'autres. Je serai plus circonspecte pour les romans; leur action est absolument individuelle. Le mauvais roman né peint pas seulement la vie avec ses laideurs, mais donne au mal les apparences du bien, le déguisant d'une séduction dangereuse et faussant ainsi l'esprit et le cœur. Ne le lisez jamais. Les ouvrages de Bazin, d'Octave Feuillet, de Henri Bordeaux, de Fromentin, sont d'exquises études de mœurs.

Il vous restera un choix à faire parmi d'autres auteurs, mais la question est trop délicate pour être tranchée légèrement. D'une façon générale, aimez les grandes pensées, les caractères généreux, et, à force d'avoir lu les œuvres des hommes illustres, vous vous rapprocherez insensiblement d'eux.

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