CHAPITRE PREMIER
Le réveil. — La direction de la vie.
Le réveil est un des moments les plus douloureux pour celles qui luttent contre les difficultés de la vie. C'est la perspective d'une nouvelle journée de travail et de préoccupations sans cesse renouvelées. Pourtant, c'est l'heure décisive où il faut reprendre confiance et donner à son esprit une orientation solide. Chaque jour est un recommencement, une parcelle de l'existence qui s'enfuit... plus encore, c'est la vie ellemême qu'il s'agit de diriger vers un but ; d'appuyer sur une base sérieuse et inébranlable. Ces principes s'oublient vite ; le vague, l'inertie engourdissent les âmes, paralysent les volontés et font de nos jeunes gens des désabusés et des inutiles ne sachant ni pourquoi ils ont reçu la vie, ni comment l'employer. Remontons au principe sans craindre de nous éloigner de notre sujet et puisons aux sources vives les
lumières nécessaires. « Dieu est la raison de l'existence du monde qu'il a produit. Il est une volonté, la puissance dont cette volonté dispose est absolue. Dieu est infini dans sa substance, dans son entendement, dans sa bonté, dans sa puissance> car s'il n'était pas infiniment infini, c'est-à-dire parfait, Il ne serait pas nécessaire et par conséquent il ne serait pas. De plus, il n'y a qu'un Dieu, car un seul Dieu étant nécessaire il n'y a aussi qu'un seul Dieu de possible. Enfin Dieu possède le bonheur parfait parce qu'il a en lui-même sa cause et sa fin (1). » Voilà la définition que nous donne la philosophie spiritualiste, nous apprenant ainsi le principe et la fin de toute chose; le christianisme va plus loin ; le Dieu perçu par la raison s'est révélé à l'homme et lui a fait pénétrer le mystère de Sa vie intime : Simple, unique dans sa substance, et pourtant triple dans sa personnalité : le Père engendrant le Fils, Verbe de Dieu, et l'Esprit-Saint, amour vivant, qui procède du Père et du Fils.
Dieu a été non seulement le créateur du monde mais son rédempteur. Le Verbe s'est fait chair afin d'expier dans sa nature humaine les rébellions de l'humanité coupable et de donner par sa nature divine un prix infini à ses souffrances et à sa mort. La double nature du Christ unie dans une personne unique (celle du Fils
(1) La Religion naturelle.
de Dieu) était seule capable d'accomplir ce prodige.
Voilà le dogme dans sa grandiose simplicité.
Il a été nié, mais personne n'a pu le remplacer, car nous ne saurons jamais rien par nousmêmes. Comme le disait, il y a quelque temps, Pierre Loti : « La science n'a même plus cette prétention d'expliquer qu'elle avait hier. Chaque fois qu'un pauvre cerveau découvre le pourquoi de quelque chose, c'est comme s'il réussissait à forcer une nouvelle porte de fer, mais pour n'ouvrir qu'un couloir plus effarant et plus sombre qui aboutit à une autre porte plus scellée et plus terrible. » Nul n'a donc pu donner de preuve sérieuse de l'athéisme. La demi-science seule a pu éloigner de Dieu. Une étude consciencieuse et approfondie y ramène infailliblement. Mettez cette foi à la base de votre vie ; qu'elle ne soit pas purement théorique, mais pratique. Pénétrez-vous des devoirs qu'elle impose. Prenez ce code divinement simple qui s'appelle l'Évangile. Lisez-en quelques lignes chaque matin; vous y trouverez exposés les lois morales et sociales qui doivent régir l'humanité et résolus les grands problèmes de l'au-delà, dont l'insondable mystère nous effraie lorsqu'au déclin de la vie, nous ne songeons plus à améliorer nos destinées terrestres.