CHAPITRE
Le retour de l'atelier.
Votre journée est terminée, vous allez sortir de l'atelier. C'est l'heure de la détente et du calme.
Les magasins s'illuminent, les flâneurs se multiplient dans les rues et sur les boulevards, un spectacle de tous les instants s'offre à vos yeux. Mais défiez-vous, il n'est pas sans péril et des dangers restent à éviter.
Les mauvais livres s'étalent dans les librairies et les kiosques, ne vous y arrêtez pas, les titres séduiraient votre curiosité et vous seriez tentée d'acheter ces dangereux conseillers. Adressezvous de préférence aux bibliothèques où vous trouverez les chefs-d'œuvre classiques, et, faisant ainsi l'éducation de votre goût, vous éviterez le premier danger qui est cependant le moindre.
Durant votre route vous côtoyez des promeneurs et des boulevardiers qui s'ennuient et cherchent une distraction à leur oisiveté. Votre minois de petite Parisienne les attire ; ils commenceront par un compliment, finiront par
vous entraîner dans la chute la plus honteuse et lorsque leur fantaisie sera passée, leur jouet usé, ils vous replongeront dégradée et désespérée dans le labeur de votre vie de honte.
Évitez les regards par votre grande dignité et la simplicité de votre toilette.
N'imitez pas ces ouvrières qui se privent de pain pour acheter un ruban et mettent leur santé en danger afin d'exposer leur honneur.
Préparez-vous à être des femmes et non des grisettes, et le soir, lorsque vous serez rentrée au logis, vous pourrez mettre au pied de votre crucifix votre travail, vos luttes et vos victoires.