‹ La vie de l'ouvrièreChapitre 7 sur 18 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

La Confession

Je voudrais en quelques pages exposer l'origine de la confession, ses avantages, les objections qui vous en éloignent,

La loi naturelle impose à l'homme le repentir de ses fautes ; la réparation lorsqu'elle est possible; elle ne va pas plus loin. La révélation parfait et divinise nos conceptions humaines ; Dieu, en demandant le repentir, exige un aveu fait à des créatures soumises aux mêmes tentations que nous, et cependant marquées d'un sceau divin.

Le cœur du prêtre a toutes les indulgences ; la main qui se lève pour absoudre possède la puissance même de Celui qui la lui a conférée.

Si ce contraste vous étonne, consultez l'Evangile ; une seule parole a suffi pour créer ce sacerdoce immortel : ce Recevez le Saint-Esprit ; comme mon Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie ; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez. » Or ce pouvoir suppose la

connaissance des fautes. On ne peut absoudre ou condamner qu'un acte connu.

La confession date de rétablissement du christianisme ; on retrouve dans les catacombes des sièges servant de confessionnaux. Au vie siècle le grand saint Ambroise, évêque de Milan, s'applique à entendre la confession des pénitents; à la même époque, saint Augustin reproche aux hérétiques d'Afrique leur volonté de ne vouloir se confesser qu'à Dieu seul.

Vous le voyez donc, l'usage de la confession s'est perpétué durant tous les siècles ! Elle vous formera la conscience en vous apprenant à vous connaître. Vous étudierez vos penchants et chaque confession deviendra une étape vers un but moral ; chaque faute une cause d'humiliation sans colère. Vous mettrez peut-être des années à vous vaincre; qu'importe, la vie vous appartient ; ne vous découragez point.

Cependant vous vous heurterez à d'autres obstacles : sarcasmes, appréciations superficielles des choses les plus saintes : « ne jetez pas les perles aux pourceaux, » ne discutez pas avec les esprits trop butés.

Prêchez d'exemple en restant attachée à votre devoir, fût-ce au prix de sacrifices.

Ne reculez pas non plus devant les petits ennuis comme ceux de vous coucher plus tard afin d'aller vous confesser ou de faire demander un prêtre à la sacristie si vous n'arrivez pas à

l'heure des confessions ; cela coûtera à votre timidité, mais vous en serez récompensée par ces paroles : « Allez en paix, ma fille, vos péchés vous sont remis. »

Si vous saviez combien de cœurs en détresse ont souhaité la foi afin de trouver dans la confession l'épanchement qui leur était nécessaire ; combien était pesant le fardeau qu'ils traînaient sans oser le confier à personne ; combien eussent été douces les larmes versées devant l'homme de Dieu, vous remercieriez la Providence de vous avoir préservées d'un tel isolement, et vous profiteriez des douceurs que renferment les apparentes rigueurs du Sacrement de Pénitence.

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