ELLES SES ES
« Ensuite Notre-Seigneur donna à mon âme une nouvelle impression de ses divines perfections, qui était tout ensemble amour et lumière ; mais il semble que l'amour engendrait la lumière. Lorsque mon âme, dans son impression , contemplait Dieu comme vie , ses ‘soupirs ne pouvaient rien dire , sinon 6 vie ! Ô amour ! elle portait un amour substantiel w foncier, qui lui faisait souhaiter que sa vie fût perdue dans cette divine source de vie. Elle concevait les hautes vérités du premier chapitre de l'Évangile de saint Jean, où le Verbe est représenté comme lumière el comme vie, où il est parlé de la plénitude de cette vie divine qui nous a rendus participants de son abondance ; du bonheur infini des âmes qui sont nées en Dieu et non point de la chair et du sang ; de la communication ineffable de cette vie par la grâce et par l'amour, et de l’influence du Verbe comme chef des chrétiens, et surtout des âmes saintes. Ah ! qui pourrait dire l'excellence de cette communication. Je ne
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Marie de Finbarnatitn. Liv. II. 129
» parle pas seulement de celle qui se fait par » la grâce, mais de cette communication expé- » rimentale. Il n’y a langue humaine qui la » puisse exprimer. Néanmoins, de ce que j'ai dit, » il est facile de concevoir que ces impressions » sont à l’âme une nourriture divine. Je crois » que je passai plus d’une année dans cette im- » pression des divins attributs ; mais c'était avec » tant de netteté et de simplicité, qu’il me sem- » blait que je ne voyais la distinction des attri- » buts que comme unité; au lieu que lorsque la » connaissance de la très-sainte Trinité me fut » donnée, je voyais et distinction et unité.
» Pour expliquer la manière dont la connais- » sance des divins attributs me fut donnée, » voici ce que j'en puis dire: Pendant une » Semaine sainte, mon esprit se trouva appliqué » à l'unité de Dieu; et dans cette unité, je vis » cette grandeur immense, cette infinité adora- » ble, l’éternité sans commencement et sans fin. » J'étais hors de moi-même, et je m'écriais: O » bonté! Ô immensité! 6 éternité! Tout ce qu'on » peut dire en comparaison de cette vue n'est » rien. Il faut s’abimer jusqu'aux enfers pour » adorer ce grand Dieu. J'y connaissais plus