‹ La vie de la Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 17 sur 51 · PR TS PT · texte numérisé non relu

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qu'on ne saurait dire ou écrire. Toutes ces perfections qu’on nomme, ce n’est point tout cela. Il faut laisser les mots et les noms, et se contenter de dire Dieu. O Ciel! en quel état était mon âme? cela me remplissait et me transformait entièrement. Je voyais que toutes choses appartiennent à ce Dieu, duquel dérive tout ce qui est bon et tout ce qui est beau , et dans cette vué, je m'écriais: Ah! vous êtes Dieu, et grand Dieu. Ce mot, Dieu, demeura gravé en mon âme, en sorte qu'elle ne savait plus que cela. |

» Après ce grand attrait, mon esprit fut occupé en chacune des perfections divines, où il se consommait en actes d’adoration, d’admiration, d’anéantissement et d'abandon. Il voyait, ce me semble assez clairement , que tout ce qui est en Dieu est Dieu même , et il était bien éloigné de faire des recherches curieuses pour en savoir davantage. Pour le respect, j'étais comme un moucheron devant cette haute Majesté. Cela n’empêchait point l'amour; mais il était tout autre qu'auparavant, c’est-à-dire, fort et vigoureux, etnon plus dans la tendresse et les larmes. Je ressentais une espèce de com-

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Marie de l’Incarnation. Liv. II. 4151

» plaisance de ce que mon Dieu était si beau, si » bon, si plein de majesté. J'étais ravie de n’être » rien, et de ce que Dieu était tout, parce que si » j'eusseétéquelque chose par moi-même, il n’eût » pas été tout. Quelquefois mon âme, se voyant » comme absorbée dans la Majesté de Dieu, » s’écriait: O largeur! à longueur! 6 profondeur » infinie, immense, incompréhensible, ineffa- » ble, adorable! Vous êtes, Ô mon Dieu! et tout » ce qui est n’est qu'autant qu'il subsiste en » vous et par vous. O éternité! Ô beauté, à bonté! » Ô pureté! Ô amour! »

Enfin, après tant de purifications et de préparations de la part de Dieu, l’humble veuve reçut dans sa vingt-septième année, ce qui était depuis si long-temps l'objet de ses vœux, et ce qui peut être regardé comme une des plus sublimes faveurs où puisse être élevée ‘sur la terre une âme mortelle. Rien n’est plus admirable que le récit qu’elle en fait: Le voici.

« Un matin que j'étais en oraison, Dieu » absorba mon esprit en lui par un attrait ex- » traordinairement puissant. Je ne sais en quelle » posture demeura mon corps. La vue de la » très-sainte Trinité me fut encore commu-

niquée , et ses opérations manifestées, mais d’une façon plus élevée et plus distincte.

L'impression que j'en avais eue la première fois, avait opéré son principal effet dans l’entendement, et il me semble que la divine Majesté n'avait eu d'autre dessein que de m'instruire. Mais ici, quoique l’entendement fût autant et peut-être plus éclairé, la volonté eut le dessus, parce que la grâce présente était toute pour l'amour et par l’amour. Je voyais les communications internes des trois Personnes , comme je les avais vues la ptemière fois; mais je fus bien plus amplement instruite de la génération éternelle du Verbe. Oh ! que cela est ineffable! que le Père se contemplant, engendre un autre lui-même, qui est son image et son Verbe; que cette génération ne cesse point, et que le Père et le Verbe, par leur amour mutuel, produisent cet Esprit d'amour qui leur est égal en tout. Cette vue a quelque chose de la vraie béatitude, parce que, non-seulement on connaît Dieu, mais encore on en jouit par une fruition amoureuse.

» Etant donc tout abimée en la contempla-

S, Mais Istincte, remière ns l’en- . divine que de dement volonté résente

Jur. Je es trois à ptelement Verbe.

e cone, qui énéra-

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