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26 Préface. |
motif plus grand et plus digne du Dieu que l'on sert ; il n’y a même que ceux qui y ont passé qui sachent combien on y souffre ; et les souffrances y sont d'autant plus précieuses , qu’elles ont pour fin et pour principe l'amour le plus pur qui se puisse trouver dans des créatures mortelles. Ses effets vont quelquefois bien loin : il martyrise l'âme , il consume le corps, il fait un holocauste entier de ceux qui se sont rendus ses
victimes, et il en a coûté la vie à plusieurs. |
Heureuse mort ! qui doit bien moins être regardée comme la séparation de deux substances faites pour demeurer unies, que comme la délivrance de l'âme que les liens du corps empêchaient de s’unir au seul bien qu'elle désire. | Pour revenir à la Mère de l’Incarnation, je ne veux point prévenir mes Lecteurs sur
ce qui la regarde, ni sur les conséquences | qu’on doit tirer des principes que je viens }
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Préface. SE d'établir, pour se former une idée juste de sa personne , et de ce qui s’est passé entre Dieu et elle. Ce sera elle-même qui se peindra au naturel, et ce sera avec des | traits qui feront sentir d’abord que, bien loin d’être de caractère à se flatter , elle fut bien plus portée à faire connaître ses fautes et ses faiblesses que ses grandes vertus. On aura tout moyen d'observer sa conduite dans les différentes situations où elle s’est trouvée : sur quoi l’on verra ce que l’on doit penser des éloges magnifiques que lui ont donnés les personnes de son temps les plus conso nées dans la sainteté , et de nos jours , deux savants prélats”, qui n’ont pas toujours été de même avis, mais qui sesont | pourtant accordés à la regarder comme une des plus vives lumières de son siècle.
Mais ce n'est peut-être pas assez pour .
* Bossuet et Fénelon.
28 Préface. | |
justifier le dessein de cet ouvrage , que de faire voir que le Seigneur, si libéral de ses “ans et de ses faveurs spéciales aux temps des Patriarches et des Prophètes, et dans les premiers siècles du christianisme , n’a
point raccourci son bras. On pourrait même
encore me passer comme vrai tout ce que j'ai dit de la Mère de l’Incarnation , et cependant n’approuver pas une histoire de la nature de celle-ci. À quoi bon, diront plusieurs, parler d’une science qui ne peut s’apprendre qu’à l’école du Saint-Esprit, et donner au public la connaissance de choses qui doivent être secrètes entre l’âme et Celui qui les opère en elle d’une manière aussi cachée que merveilleuse? D'ailleurs , n’y a-t-il pas lieu de craindre que la vue de ces voies extraordinaires ne fasse naître l'envie de quitter la voie commune, qu'on a toujours regardée comme la plus sûre , à
quantité d’âmes faibles, qui n’auront pour
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Préface. 29 la. vie mystique d’autre vocation qu’un naturel tendre et facile, une imagination vive et ardente, et beaucoup de vanité?
enfin les personnes à qui il semble qu’on
présente cette histoire comme un modèle
domestique , sont appelées à une vie d’action ; n’est-ce point les vouloir tirer de l’esprit de leur Institut, que de leur mettre devant les-yeux ‘une âme tout abimée dans les plus intimes communications avec Dieu, et dans la plus profonde contemplation ?
À cela je réponds, premièrement : qu’il
n’y a nul inconvénient à apprendre aux.
personnes religieuses, et surtout par des exemples sensibles, combien le Seigneur est bon à ceux qui le servent avec un cœur droit ei pur ; le soin qu'il a de tempérer par l’onction de sa grâce , ce qu’une vie consacrée au service du prochain a de dur et de fatigant ; de leur faire connaître
quelle route il faut tenir ii arriver à ce À
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