‹ La vie de la Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 5 sur 51 · EUR · texte numérisé non relu

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qu’il y a de plus éminent dans la vie intérieure et surnaturelle , et de leur faire remarquer que souvent c'est moins manque d’attrait et d’une vocation particulière de Dieu , si l’on n’y parvient pas, que pour ne s'être pas assez étudié à la pureté de cœur, au recueillement, à la simplicité, à l'anéantissement de tout soi-même.

J'avoue, en second lieu, qu’il est vrai

que le Saint-Esprit est le grand maître de À

la science mystique ; mais je soutiens qu'il ne fait pas tout par lui-même en ceux qui y sont appelés. Pour peu d'expérience qu’on ait dans la conduite de Dieu sur les âmes, on sait que parmi celles qu’il destine à posséder toutes les richesses de sa grâce, il s’en trouve qui, après avoir fait des pro-

grès considérables, passent par des épreuves

où elles courent risque de se perdré, si'elles ne sont puissamment secourues ; que d’au-

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Préface. 5

ment arrêtées au commencement de la carrière , et font toute leur vie d’inutiles efforts pour parvenir où elles se sentent fortement attirées ; qu'il en est même en assez grand nombre qui ne connaissent jamais bien cette disposition favorable de la bonté divine à leur égard ; que les premières , pour se conserver , les secondes, pour s'élever, les troisièmes , pour se connaître, ont besoin de modèles et de guides. D'ailleurs, que toutes celles dont l'Esprit sanctificateur semble s’être plus particulièrement réservé la conduite, ne sont jamais entièrement soustraites à celle des hommes ; qu’il les éclaire, qu’il les attire par des touches secrètes ; mais que de temps en temps il se cache, et veut qu’elles doivent quelque chose

| à l’humble dépendance où illes met à l'égard

d’un directeur. Au reste , quand mon travail ne serait profitable qu’à ceux qui se trouvent

de Préface.

pas avoir perdu mon temps. Car enfin, si le |

simple fidèle, qui n’est comptable à Dieu que de sa propre perfection, peut ignorer des voies par où Dieu ne le mène pas , il n’en est pas de même de ceux que leur profession engage dans le sacré ministère. Il ne suffit pas à un directeur d’en savoir assez pour se sanctifier soi-même ; l’auguste ca ractère dont il est revêtu , l’obligeant à être

dans la main de Dieu comme ces esprits

administrateurs dont parle saint Paul, les plus sublimes connaissances ne lui doivent point être étrangères.

En troisième lieu, je prétends que la plus parfaite. contemplation ne nuit point

à l’action que Dieu commande ; et je n’en

veux point d’autres preuves que l’histoire même que je donne au public. Il est sensible, il est sans réplique, il passe même

pour incontestable parmi les maîtres de |

la vie spirituelle, que plus une personne

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Préface. 39 religieuse, obligée par état d’être plus unie à Dieu, est engagée dans des emplois qui jettent dans la dissipation , plus elle doit faire effort pour se rendre familières des pratiques de la vie intérieure, et nerienomettre pour en avoir legoût. Qu’encore que tout ce que nous admirons dans les Saints, nesoit pas à imiter ; Dieu, pour l’ordinaire, ménage tellement les choses, que jamais il ne tire ses élus de l’esprit de leur état ; et que, dans ce qui leur arrive même de plus extraordinaire, il y a toujours à profiter pour ceux qui courent la même carrière qu'eux. Ainsi, ce serait une chose étrange d'entendre dire que la Mère de l’Incarnation n’est pas un modèle à proposer aux personnes qui ont embrassé son Institut. Qui en a jamais mieux rempli qu’elle les obligations? Qui a plus fait pour le service du prochain , et qui s’est plus parfaitement acquitté des emplois propres de sa

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profession? Ce n’est pas que je ne sois d'avis, et que je ne juge même nécessaire d’avertir avec soin, qu’on aurait tort de s’imaginer qu'il faille passer par ces voies sublimes pour arriver au comble de la perfection religieuse ; car, comme à l’égard des corps bien constitués , une nourriture peu délicate et quelquefois même grossière, fait les bons tempéraments , aussi assez souvent une conduite du Saint-Esprit plus rigoureuse, où il n'entre que des privations, et tout ce qui est plus propre à établir une âme dans l’anéantissement , est préférable aux plus sensibles caresses de l'époux ; puisqu’il est plus aisé d’y devenir et de s’y conserver véritablement humble, et qu’à mesure qu’on creuse les fondements d’une plus solide humilité, on se met en état d'élever plus haut l'édifice de la sainteté.

Enfin , pour ne rien laisser sans réponse de tout ce qui peut être objecté contre le

su ce se et!

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Préface. 35 sujet de cet ouvrage, j’ajoute que si parmi ceux entre les mains de qui il tombera, il se rencontre de ces imaginations ardentes et fécondes, sur lesquelles les choses extraordinaires puissent faire de fâcheuses impressions ; assurément il n’y a rien à craindre ici pour elles. Tout est raisonnable et sensé dans l'exposition que la servante de Dieu y fait de son intérieur; et les avis qu’elle donne à ceux qui se trouveront dans les mémes dispositions où elle s’est trouvée, seraient plus que suffisants pour prévenir les abus qu'on pourrait faire du détail où elle entre sur cela. On y trouvera même fort peu de ces termes contre lesquels on voit mal à propos se révolter certaines gens, qui d’ailleurs veulent passer pour spirituels; mais qui ne font pas assez d'attention que tous les arts et toutes les sciences ayant leur langage particulier, on n’est point en droit de disputer à l’état mystique la possession

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