‹ La vie de la Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 6 sur 51 · Préface · texte numérisé non relu

Préface

dusien confirmé par l’usage de tant deSaints. Cependant la Mère de l’Incarnation n’a pas jugé à propos d'en user beaucoup, et ses écrits n’en seront que plus à la portée de tout le monde.

J'ai donc tout lieu d'espérer qu’il y aura à profiter dans la lecture de cette histoire, pour tous ceux qui s’y engageront ayec un esprit bien préparé. Fasse le ciel que cette espérance ne soit pas vaine. Que les Ministres de l'Evangile s’y confondent à la vue d’une femme qui a exécuté ce qu’ils n’ont pas le courage d'entreprendre. Que les faibles comprennent qu'il n’y a rien dont on ne puisse venir à bout avec du courage. Que les personnes religieuses sachent jusqu'où elles peuvent espérer de s'élever; mais en même temps, qu’elles se souviennent et qu'elles n’oublient jamais qu'une des plus essentielles dispositions pour recevoir les faveurs de ce chaste époux des Ames, ést de

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Préfuce. 57 ne les désirer qu'autant que le demandent les intérêts de sa gloire ; d'éviter surtout la curiosité et l’empressement , et de s’abandonner sans réserve, mais toujours avec dépendance d’un sage directeur, à la conduite de celui qui connaît seul ce qui nous convient. ee Quant à la forme que je donne à cette histoite, elle est assez nouvelle; mais jen’en ai pas été tout à fait le maître. Comme la Mère de l’Incarnation a écrit par ordre de ses confesseurs toutes les grâces qu'elle a reçues du ciel, je crus d’abord ne pouvoir rien faire de mieux , que de donner au public ses mémoires tels qu'ils sont sortis de sa main, sans en interrompre le fil, et de suppléer ce qu’elle ne dit point, par un abrégé des principales actions de sa vie.

Mais n'ayant pas trouvé dans ses écrits la même suite qu’on voit dans sainte Thérèse, parce qu’elle les a faits à diverses reprises

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et pour différentes personnes, j’ei reconnu que mon dessein était impraticable, et que je n’y pourrais jamais éviter la confusion et [A les redites. Qu’ainsi il fallait travailler à | | mettre toutes choses dans l'ordre naturel L de l’histoire. D'un autre côté, eette grande religieuse, de là manière dont elle s'exprime sur les opérations divines, fait si bien sentir qu'il faut en avoir l’expérience pour en bien parler , que j'ai aisément compris la nécessité de mettre dans cet ouvrage le moins que je pourrais du mien, et de me -borner presque toujours aux liaisons et à l’arrangement. On ne doit donc point être surpris de la longueur et de la multitude des citations, qui feront le fond de ceLivre, et je m'assure même que si l'on a surcela quelque reproche à me faire, ce sera de ce que je n’ai point encore plus laissé parler une personne qüi parle si bien.

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Fondatrice et première Supérieure des Ursulines de la nouvelle France.

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