MARIVAUX ROMANCIER XI
le type même ou tout au moins un des types de la jeune fille et de la jeune femme de son temps.
Mais nous arrivons, par cette remarque, à l'étude de Marivaux romancier, qui est le propre de notre sujet, et nous sommes tout d'abord conduit à examiner, pour en tenir juste compte, les circonstances qui lui firent préférer, à certains moments, cette forme littéraire, afin de mieux apprécier ensuite par quels procédés nouveaux il en rajeunit les traditions un peu surannées.
Tel que nous h connaissons, Marivaux ne devait point se dépenser tout entier au théâtre, oii il poursuivit jusqu'à Vépuiser, de 1720 à lySS^à travers vingt-huit pièces, avec un succès qui s'éteignit dans l'indifférence, la veine qu'il avait ouverte. Il n'était pas homme à ne pas expérimenter son système sous toutes les formes, ci ne pas considérer sous tous ses aspects la nature humaine, à refuser au roman intime et même au journal philosophique le tribut de ce trésor accumulé d'observations, de cette récolte d'idées qu'il trouvait moyen de faire partout, jusque dans la rue.
Nous ne nous étendrons pas ici sur ces recueils périodiques, bientôt intermittents, trop tôt interrompus par l'indifférence ou le découragement, et beaucoup plus goûtés en Angleterre qu'en France, dont le principal est le Spectateur français. La critique de nos jours y a signalé plus d'une vue neuve, d'un fin aperçu, d'un tableau pathétique ou piquant. Mais le