X MARIVAUX ROMANCIER
quand il s'agit de personnifier dans une jolie fille ou une jolie femme les diverses variétés de l'ingénuité ou de la coquetterie. Ce sont là les créations de prédilec^ tion de ce monde enchanté. Quelle galerie de figures exquises ! quelle série d'adorables portraits qu'on se plaît à croire ressemblants, bien qu'on n'en ait jamais rencontré les originaux !
Marivaux adora toujours la société des femmes, et avait été mis dans sa jeunesse, s'il faut en croire d'Alembert, à l'épreuve de plus Û'une passion, dont il a soigneusement effacé les traces par une discrétion qu'il est permis d'attribuer à la pudeur du souvenir des jours heureux, ou au fier pardon d'un homme qui ne croit pas avoir acheté trop cher l'expérience au prix de quelques déceptions. Quoi qu'il en soit, Marivaux avait plus d'une fois rencontré, sans les éviter, les femmes sur son chemin : car il se fiatte de peindre d'après nature, et il n'est pas permis de méconnaître, jusque dans les portraits où. garde sa part une certaine fantaisie éprise d'idéal, le caractère parfois saisissant de ressemblance qu'ils doivent à une observation patiente de la réalité. Sa Marianne , par exemple, est non seulement une créature vivante, mais