XII MARIVAUX ROMANCIER
caractère fragmentaire d'une telle œuvre est peu favorable à une appréciation d'ensemble. Or. ce ne sont pas les menus détails, mais les traits caractéristiques de la physionomie de Marivaux^ que nous recherchons.
Pour en trouver sans peine de nouveaux^ il n'y a qu'à sortir de ce théâtre aux péripéties purement psychologiques, à la langue mièvre, aux moyens subtils j aux dénouements uniformes, d'un auteur dramatique qui avait le tort de ne pas goûter Molière. Il ny a qu'à feuilleter ces romans dont s'est délecté et inspiré le talent de Kichardson (Paméla. c'est une Marianne anglaise , mais dont l'abbé Prévost blâmait, non sans quelque raison, l'action languissante et les récits décousus.
Tels qu'ils sont, avec leurs qualités et leurs défauts, ces deux romans : la Vie de Marianne et le Paysan parvenu, ont mérité d'ajouter à la renommée de Marivaux et sont lus encore avec plaisir, quoique la critique varie sur leur valeur. Si un maître illustre trouve que là est la belle innovation, là est le génie de Marivaux ' , un autre n'hésite pas à dire que ses romans n'ont point fait de tort à ses pièces ^, qu'il semble leur préférer. Sainte-Beuve J partage sur ce