‹ La vie de marianeChapitre 13 sur 76 · XIV MARIVAUX ROMANCIER · texte numérisé non relu

XIV MARIVAUX ROMANCIER

Le choix de la thèse qu'il développe correspond aussi aux pensées de Vâge mûr, qui sont des pensées de désenchantement. Elle a la simplicité et Vamertume, cette thèse ^ de toutes les leçons de l'expérience. Elle s'inspire des contrastes et des ironies de la vie. Il lui a semblé curieux d'écrire deux histoires en con^plète opposition l'une avec l'autre. Dans la seconde, un jeune homme arrive à tout, dit le meilleur des biographes contemporains de Marivaux, le regrettable Edouard Fournier, là où, dans la première, une pauvre honnête fille, avec le même point de départ, n'est arrivée à rien. Elle se perd à Paris, et tout lui est funeste ; il s'y retrouve, et tout lui est favorable. Voilà le roman de Marianne, et voilà celui du Paysan parvenu,

Marianne est une jeune fille bien née, dont les parents sont morts dans un accident tragique et qui se trouve, après avoir perdu ses protecteurs, jetée sur le pavé de Paris, presque sans ressources, en proie à tous les dangers et à tous les affronts : car elle est fîere d'une naissance qu'elle ne saurait prouver et d'une éducation qui ne peut que la faire supposer; elle est jolie, et ne l'ignore pas ; elle est vertueuse, et prétend le demeurer. Elle le demeure, en effet, et malgré cela finit par trouver le bonheur dans un mariage longtemps contrarié, au bout de cette longue avenue d'épreuves, au fond de laquelle on entrevoit enfin le château oli elle vivra en paix et trouvera du plaisir à se souvenir dupasse et à raconter ses malheurs.

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