‹ La vie de marianeChapitre 16 sur 76 · MARIVAUX ROMANCIER XVII · texte numérisé non relu

MARIVAUX ROMANCIER XVII

de la vie trop étroite pour le cœur trop large , le res angusta domi,

Ce n'est pas, car il ne faut rien exagérer, surtout quand il s'agit d'un homme qui s'est flatté de tout sacrifiera la vérité [tout, hormis les grâces sans doute dont il n'a pu se refuser à la parer parfois- , ce n'est pas que Marivaux fût pauvre dans le sens strict du mot. Un autre que lui se fût même trouvé riche de ce qu'd avcdt. Mais, avec son insouciance et sa générosité qui souvent frisa la prodigalité , ses goûts de luxe et de bien-être, ses profusions de charité, Marivaux aurait eu besoin, pour joindre les deux bouts, d'être millionnaire d'argent comme il l'était de cœur et d'esprit.

Les profits du théâtre n'étaient pas, il y a un siècle, ce quils sont aujourd'hui. Il fcdlcut compter avec la parcimonie des comédiens , dispensateurs absolus de la part de l'auteur [maigre comme la part de l'absent), et les vicissitudes de la fortune dramatique, qui comptait pluz d'échecs que de succès. Ces derniers étaient vite épuisés par l'inconstance du public et son petit nombre. Aujourd'imi, le théâtre est le plaisir de tout le monde; autrefois, il ne l'était que d'une classe et d'une élite. Les auteurs dramatiques n'ont commencé à être sérieusement payés que depuis la révolution opérée, par l'initiative hardie et persévérante de Beaumarchais , dcms les règles abusives qui présidaient à l'évaluation de leurs droits; et ils nont commencé à être riches que depuis que cette La Vie de Marianne. I. c

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