XVIII MARIVAUX ROMANCIER
révolution a vu sa charte, désormais inviolable, confiée à la vigilance de la Société des auteurs dramatiques.
Du temps de Marivaux, ni le théâtre ni le journalisme dans le goût du Mercure ou du Spectateur FRANÇAIS {qui ne dura guère au delà d'une année) ne pouvaient enrichir leur homme. Le roman même ne le nourrissait quà la condition d'une production aboiidante, comme celle de l'abbé Prévost, qui ajoutait à ses salaires de ce genre ceux de compilations mercenaires.
Marivaux n'aurait donc jamais joint les deux bouts, comme on dit vulgairement, s'il n'avait émargé au budget de la libéralité royale ou princière , ou même amicale, et s'il n'avait eu, pour tenir sa maison et le préserver des surprises de son imprévoyance, une vieille amie, M^'^ de Saint-Jean, qui vécut trente ans avec lui, comblant de sa bourse les déficits et n'acceptant à sa mort d'autre legs que celui de payer ses dettes.
Il recevait pourtant des pensions du duc d'Orléans, de son riche et généreux confrère le fermier général Helvétius, et de M'^^ de Pompadour , qui avait eu la délicatesse, pour ménager son honorable susceptibilité, de déguiser sous le nom du roi la provenance de ce tribut d'admiration payé sur sa propre cassette. Tout cela n^avait pu permettre à Marivaux de vivre exempt de bien des soucis, indépendant de bien des nécessités^ dont la main d'une M'"^ de