MARIVAUX ROMANCIER XXV
la plume ne les traduit que dans un cabinet élégant comme un salon, et parfumé de la bonne odeur de cette bonne compagnie pour laquelle il écrit.
Ily aà faire, à propos des sujets de prédilection et des personnages favoris de Marivaux en matière de roman, deux remarques qui ajouteront un double trait à sa physionomie littéraire et morale. Ses sujets de prédilection sont la lutte contre le vice, ou le malheur d'une jolie femme ou d'un bel homme, dénués à leur début dans la vie de toute autre ressource que celle d\me jolie figure; et leur tripk initiation à l'expérience, la triple épreuve de leur vertu triomphante à travers les pièges et les écueils du monde de la finance, de la galanterie et de la dévotion, lui fournit l'occasion de faire parler ou de faire agir ses types favoris, ceux dont on trouve des études poussées à des degrés divers dans tous ses ouvrages : le financier, le valet, la religieuse, la dévote, la femme à directeur, et le confesseur en pied, le maître^ de sa conscience, celui auquel elle donne le titre d'Ange.
Marivaux excelle à parler la langue de la galanterie et celle de la dévotion avec toutes leurs nuances, avec toutes leurs souplesses, leurs finesses, leurs délicatesses, leurs grâces, leurs malices. Il pousse même parfois assez loin la liberté de ses tableaux; mais ses contemporains lui rendaient cette justice qu'il a su peindre les mœurs de son tew.ps sans être immoral, indiquer à l'innocence, sans offenser la pudeur, les dcmgei
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