XXVI MARIVAUX ROMANCIER
quelle rencontre dans un monde corrupteur^ et qu'il a pu flétrir les crimes commis au nom de la religion, les intrigues du tartufisme, sans être jamais irréligieux.
Bien loin de là, Marivaux devait mourir dévot lui-même, ramené à la religion par les leçons du malheur et par le mépris de ceux qui se disaient philosophes autour de lui au mépris de la philosophie. Il eut l'honneur d'être loué pour Vhotmêteté de sa vie et la probité de ses ouvrages, où le vice peut être peint d'un? façon parfois trop ressemblante , mais jamais flattée, par V archevêque de Sens , Languet de Gergy, qui le reçut en 1748 à l'Académie française, oii, par un hasard non moins singulier, l'auteur de Marianne succédait à un prêtre, le controversiste et apologiste célèbre, Vabbé de Houteville. Il eut l'honneur d'être hai et persiflé par Crébillon fils, l'auteur du SoPHA, qui se déclara l'adversaire d'un romancier que les honnêtes femmes pouvaient lire sans se cacher ou sans rougir, et qui a fait en cela le plus bel éloge de Marivaux, celui sur lequel il nous plaît de finir.
De tout temps Marivaux a obtenu cette faveur du public féminin , le plus difficile en fait de bienséance, de finesse, et au besoin de malice. Comment pourrait-il refuser son suffrage à celui qui a su si bien le peindre, si bien lui faire parler le langage qui lui convient le mieux, celui de l'amour et de la bonté ; qui a ajouté tcmt d'observations aussi fines que pro-