‹ La vie de marianeChapitre 3 sur 76 · IV MARIVAUX ROMANCIER · texte numérisé non relu

IV MARIVAUX ROMANCIER

C'est là une présomption que les événements contredisent trop souvent et dont des revers imprévus devaient bientôt faire sentir la vanité à Marivaux lui-même. A peine en effet avait-il, après des essais très inattendus de tragédie, de parodie, de philosophie morale (dans le Mercure ), vraiment débuté au théâtre par le succès (i'ARLEQUiN POLI PAR l' AMOUR et dans le monde par son mariage, qu'il dut payer par la perte prématurée de sa femme et de sa fortune un double et cruel tribut à la nature et à l'expérience.

C'est en octobre 1720 que, malgré le prestige du talent de Baron rentré peu avant sur la scène d'où il s'était longtemps retiré, la tragédie c/^Annibal tomba pour ne se relever que vingt-sept ans plus tard, par la plus imprévue des revanches. Le succès presque immédiat ^'Arlequin poli par l'amour corrigea cet échec et consola Marivaux, qui, l'année suivante, fit Wn mariage selon ses vœux. Il devait en attendre le bonheur de toute sa vie ; sa courte durée ne lui permit de goûter ce bonheur qu'un instant. Il épousa, en i 721, une demoiselle Martin, qui n'eut pas le temps de laisser trace dans sa biographie, sinon dans son cœur, et dont on sait seulement qu'elle était d'une bonne famille de Sens et d'un mérite distingué'.

Malheureusement pour Marivaux, le lendemain de son mariage se trouva être la veille de la débâcle du

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