‹ La vie de marianeChapitre 4 sur 76 · MARIVAUX R O I\I A N C I E R V · texte numérisé non relu

MARIVAUX R O I\I A N C I E R V

fameux système de Law d de cet agio des actions qui ruina encore plus de gens qu'il nen enrichit. Kiche par la fortune dont il avait hérité de son père et par celle que lui avait apportée sa femme, Marivaux se laissa séduire par la tentation de devenir plus riche encore. Il n'y eût pas songé de lui-même, étant de sa nature désintéressé et insouciant en affaires. Mais il n'était pas seul. Il avait beaucoup d'amis. Le bonheur en donne tcmt qui payent leur écot en conseils ! Le bonheur aussi rend ambitieux pour ceux qu'on aime, et crédule à des espérances qui flattent la générosité. Il est doux d'avoir beaucoup, ce qui perniet de beaucoup donner. Marivaux fit ce rêve de toutes les lunes de miel. Que/ réveil fut le sien !

Dès 1722 // avait tout perdu, ce qu'il possédait et ce qu'il avait un moment cru posséder : car le jeu des actions, comme tous les autres, a de ces moments heureux qui ne rendent la déveine que plus opiniâtre et plus complète. Il était ruiné, et sa ruine probablement avait tué sa femme, dont Vâme douce et tendre, mais faible, succomba à une épreuve que Marivaux devait courageusement traverser. Il lui demeurait une fille, fleur épargnée de ce mariage sitôt tranché par la mort ; il lui demeurait le talent, et le courage, qui ne le donne pas, mais qui l'anime et l'ennoblit. Et c'est en deuil, près du berceau de son enfant, que Marivaux écrivit pour les Italiens, où il avait trouvé à point, dans Sylvia, l'actrice la plus capable de les jouer, ces pièces charmantes de finesse, de délicatesse.

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