MARIVAUX ROMANCIER VII
ce je ne sais quel reste de vie souriante qui fait le charme voilé des pastels de la Koscdba. Les personnages s'agitent, en costume de roman, dans un décor de féerie^ dans une intrigue d'amour, fragile et ondoyante comme eux, que dénoue toujours le mariage. Ils parlent plus quils n agissent, mais ils parlent si bien que le spectateur se fait illusion sur les difficultés qu'ils traversent, et trouve assez de mouvement pour s'y intéresser dans des péripéties qui ne sont guère que les vicissitudes de sentiment d'un drame tout intérieur.
La recherche, la poursuite et la conquête du bon~ heur conjugcd à travers les obstacles, plus apparents que réels, d'une passion qui n'est le plus souvent contrariée que par elle-même : tel est le but de presque toutes ces aimables agitations. Le renversement passager des conditions, par suite d'un déguisement qui fait du maître le valet et réciproquement : tel est le plus ordinairement le moyen employé pour ménager l'intrigue et préparer le dénouement.
C'est ici le lieu de remarquer combien les valets de Marivaux ont de l'esprit. Ils en ont même trop pour leur état, et ce serait à faire tort aux maitres, si ceuxci n'en avaient encore davantage. Tout cela est certainement un peu factice, et, bien que nous soyons dans le siècle de l'esprit par excellence, il serait difficile d'y trouver beaucoup de salons ou on eût pu entendre le langage que Marivaux prête à ses marquis et à ses comtesses. Userait encore plus difficile d'y trouver