‹ La vie de marianeChapitre 7 sur 76 · VIII MARIVAUX ROMANCIER · texte numérisé non relu

VIII MARIVAUX ROMANCIER

beaucoup d'antichambres où ne seraient pas dépaysés ses valets et ses carriéristes.

Cette étonnante et amusante livrée du théâtre de Marivaux se dédommage d'ailleurs de la noblesse du langage par la bassesse des sentiments, et de ce côté elle demeure subalterne.

Mais il faut entendre de quel air elle s'en excuse !

Écoutons, par exeniple, Lépine, du Legs, répondant à la comtesse qui s'offense d^èlre trouvée par Lisette plus lucrative à Vétat de veuve qu'à celui de femme :

Cette prudence ne vous rit pas, elle vous répugne ; votre belle âme de comtesse s'en scandalise; mais tout le monde n'est pas comtesse ; c'est une pensée de soubrette que je rapporte. Il faut excuser la servitude. Se fâche-t-on qu'une fourmi rampe ? La médiocrité de l'état fait que les pensées sont médiocres. Lisette n'a point de biens, et c'est avec de petits sentiments qu'on en amasse.

C'est Marivaux qui a découvert le valet philosophe. Plusieurs de ses personnages à galon et à cocarde sont de vrais types de la race et des ancêtres de ce Figaro, le plus impertinent des domestiques raisonneurs, qui chassera le valet du théâtre, en rendant après lui le rôle impossible pour l'avoir poussé aux dernières limites de l'audace et de la gouail" lerie.

Il n'y a rien à redire^ par exemple, aux pères de Marivaux : il n'y a qu'à les admirer, qu'a les aimer.

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