‹ La vie de MirabeauChapitre 14 sur 51 · CE1A1>, VU. AU SERVICE MV 1KII, KTC · texte numérisé non relu

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posé à donner des éclaircissements sur les véritables idéea politiques de Mirabeau. Il le trouva tout prôt aussi à négocier l'union de Mirabeau avec le roi et la reine, car il ne faisait en cela que réaliser son propre désir. La Marck demandait seulement, pour être pleinement couvert, que Mercy lui-même eût un entretien avec Mirabeau. L'ambassadeur hésita longtemps avant d'y consentir. Il y eut enfin, dans l'iiôtel de La Marck, au commencement d'avril, une enlrevue tenue absolument Secrète, dans laquelle Mercy s'expliqua franchement avec Mirabeau. Tous deux se séparèrent fort satisfaits l'un de l'autre: le tribun frappé du jugement sain du diplomate, l'ambassadeur convaincu que le grand orateur de la Révolution brûlait de s'offrir à la monarchie pourla sauver.

Une audience de La Marck aux Tuileries fit avancer d'un pas la négociation. Là encore on eut grand soin de n'admettre aucun témoin étranger. La reine consentit à s'assurer les services de Mirabeau. Le roi désirait avoir de sa main quelque écrit qui lui permît de connaître ses véritables idées politiques. La glace était rompue. Pour s'assurer un autre négociateur, dont on fut sûr, on confia l'affaire à l'archevêque de Toulouse, M. de Footanges. Membre de l'Assemblée, l'archevêque avait, comme ancien aumônier de Marie-Antoinette, de fréquentes entrevues avec la reine et ne pouvait exciter de soupçons par ses allées et venues. Pourtant, les choses ne marchèrent ni si vite ni si facilement que plus tard

jamais leur homme, s'ils ont le projet de se donner à un autre, maîa que s'ils veulent s'élablir en république rédérole et vivre désormais indépendauta i! esaminern leurs moyens, et il verra si leurs projeta peuvent se réaliser. » tArchiiies d'f.tnl de Zurich, Corre^ponda-nn du général de Salis-Marscklins. V. sur celui-ci : Pingaud, Correipondanct du com'e de Vau-treuil et Au comie d' Artois pendant l'émigration. Paris, Pion, 1833. I, 105, I!, 293J. Cf. Les observations contenues danaun mémoire do Sloio, frère du cûlèlire ministre prussien, 23 janvier 179D. (ilïNKE, ilie dfulirhen Mficlilc mit i/cr f'(r-/fiifiuH((, SacmlL Werke, XXM.XXXri, 33:!).

17i LA \nE I)K MIHAIlliAi:

Lq Mnrck q cru se le rappeler '. .Mirabeau, d'ailleurs, ■ nccueillit avec ardeur les ouvertures de son ami. Enlîn I prenait corps l'image séduisanti? qui, si souvent, s'était! jouée de ses sens. Il nvail frnppé à toutes les portes pour f obtenir accès nu gouvernement et le remplir de son j esprit. Partout on lui avait crié: « Arrière ! » Maintenant le maître de la maison lui mT^me lui faisait signe 1 d'entrer. Mais ce n'était qu'une petite porte de derrière qui lui était ouverte, et rien ne l'assurait qu'il fût seul conseiller masqué auquel cette porte donnât passage. Or, ce qu'il demandait avant tout, c'était une confiance sans limite. La Marck écrivit en ce sens à l'archevêque de Toulouse, et ajouta, au sujet du ministère, quel(|ues mois dojit le sens pouvait seulement se I deviner. Le prélat hésita touteTois à toucher l'un ou i l'autre sujet devant ses augustes maîtres.

En réalité il s'en Tallait de beaucoup que l'on eût accordé à Mirabeau coaTiance pleine et entière. Marie-Antoinette ne pouvait oublier les traits empoisonnés que ' le grand orateur lui avait décochés. Elle ne cachait pas , l'horreur qu'il lui inspirait depuis les néfastes journées d'octobre, où elle l'avait considéré comme un instrument du duc d'Orléans, et elle ne parut pour la première ' fois se calmer que lorsque La Marck lui eiH assuré que son ami était bien innocent de ce crime. Toutefois, elle ] fut loin d'être convaincue, car La Marck lui-même, par le fait de son intimité avec Mirabeau, était loin de lui inspirer la confiance absolue qu'il s'imaginait. Le roi n'avait guère été moins difficile à convaincre de la droiture des intentions de Mirabeau. 1! y avait un sujet ! sur lequel ce cerveau phlegraatique se mettait en ébul-

' La chronolûgie du récit de La Marck n'est pas d'accord avec les doDuraenls. Dins sa relation autobiograpbiqju il met M, de FoDIa^ ges Irop tard en scène. Par exception, l'on doit, avec Geoffroy [GusiQL'B III, etc. 11, 337), tenir pour authentique la lettre de Marie-An toinette au baron de Flachalanden du 22 avril IT'JO [Fbuilcet di OoNCHËs, I, 301 SOR], et en tirer parti.

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