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H manquait actuellement. IJq touâ côlés en efîet on an- B nonçail que la discipline se rehicliait. Les régiments H prenaient de plus en plus les allures de clubs. Les sol- ■ dats révoltés chassaient ceux de leurs officiers qu'ils
haïssaient. Des garnisons tout entières se mutinaient.
Le soulèvement des troupes cantonnées à Nancy, que
I Bouille devait étouffer dans le sang, montra que l'esprit révolutionnaire se faisait sentir même chez les soldats suisses au service de la Franne. Bien souvent Mirabeau avait prédit que celte armée même, dans laquelle on voyait le rempart inexpugnable de la monarchie, succomberait dans l'efTondrement de l'ancien régime, parce que là aussi tous les abus de l'ancien régime s'étaient introduits, Toutefois il ne désespérait pas encore de ramener ou de maintenir dans l'obéissance tout Iau moins une partie de l'armée. Kn ce qui concernait les Suisses, il conseillait au roi de nommer un inspecteur général qui s'entendrait avec les gouvernements des cantons pour renvoyer tous les éléments indociles. Il jugeait que La Marck conviendrait bien à ce poste, à moins qu'on ne préférât le confier à un officier suisse distingué, sous le contrôle de La Marck. Pour le reste de l'armée il désirait que l'on constituât un noyau de troupes sûres, commandées par des chefs loyaux, dès que les plans formés depuis longtemps pour la réorganisation militaire seraient pris en considération. Ûe là la motion qu'il présenta Ie20 août à l'Assemblée, l'armée du royaume tout entière serait licenciée dans le plus bref délai, et l'on n'accepterait dans les nouvelles formations que les hommes qui auraient prêté serment de fidélité. De là sa proposition d'adresser sans plus tarder aux soldais une proclamation qui les rappelât avec force à ieursdevûirs. De là les félicitations qu'il fit voter par l'Assemblée à l'adresse de Bouilléet des troupes qui avaient eoreibattu sous ses ordres, félicitations qui furent adoptées malgré l'opposition de Robespierre.
LA TIB DS MIRAHKAi;
Grouper des troupes, sans attirer l'atlenlion, autc de Fontainebleau, donner aux Suisses un inspecteur général dont on fût sûr, remettie à Bouille le commandement de toute la frontière de l'Est, enfin constituer, lors de la réorganisation de l'armée, d'autres régiments aussi fidèles que les siens : voilà les mesures grâces auxquelles Mirabeau espérait donner à la monarchie une force militaire capable, en cas de guerre civile/ ■ de faire pencher la balance en sa faveur. Que cette 1 guerre civile fût à l'horizon, cela ne faisait pas doute pour lui. Comme s'il eût eu devant les yeux les terribles convulsions de l'année I79IÎ, les scènes de fureur et de désespoir que devaient voir Lyon, Toulon, Marseille, Nantes, l'incendie des villages vendéens, la mise à sac 1 des fermes bretonnes, il annonçait avec certitude que' ' la dissolution croissante de la société mènerait à la guerre civile, 11 ne redoutait pas cette lutte, il n'en redoutait pas non plus les conséquences pour la monarchie, à condition que celle-ci sût s'y préparera temps et prît loyalement son parti de la suppression de l'ancien régime, n La guerre civile, qui est en général un , pis aller terrible, avait-il dit dès le 3 juillet dans uned note secrète, loisse encore de grandes ressources &i l'autorité royale. Le point essentiel dans un tel événe-'j" ment serait que le roi se donnât aux provinces et nonj que les provinces se livrassent au roi. Le point impor-d tant serait de ne déployer la force publique que pour la^l nation et non pour des individus... La nécessité de gocier la paix amènerait une meilleure constitution.! « La guerre civile, reprenait-il en août, est le seul moye»! de redonner des chefs aux hommes, aux partis, aiu opinions ».
Au reste il ne conseillait pas à la cour de faire uniquement des préparatifs militaires. Après comme avant, il y aurait lieu d'exercer aussi une vigoureuse ^ action sur l'opinion publique. Mirabeau voulait qu'au i
ait quau ^
rCHAP. VIII, TENTATIVES POUH HENVERSEn LAFAYETTE 221
moyen d'émissaires habiles on se créât dans les provinces un parti capable de tenir lête à la dictature parisienne. Il inHistiiit pour que l'on choisît avec circonspection les quelques fonctionnaires dont la nouvelle organisation judiciaire laissait au roi la nomination. Il attirait surtout l'attention de la cour sur la Provence, oûPelienclui paraissait être un procureur royal tout désigné. Enfin il jugeait nécessaire la création d'un journal populaire. Ce journal devait aussi lui servir à faire tomber Lafayette dans un piège. Que le général se laissât entraîner a patronner la nouvelle feuille à ses débuts, qu'il en confiât la rédaction à un de ses amis, et chaque faute de ce rédacteur retomberait sur la tête de son patron. Ce journal d'ailleurs aurait été avant tout une arme à la disposition de Mirabeau. Déjà celuici avait commencé à miner la popularité de Lafayette, en s'elTorçaiit de lui enlever la confiance de la garde nationale et de lui susciter des ennemis dans le peuple. A ce point de vue il considérait les émeutes qui chaque semaine , se produisaient à Paris plutôt comme utiles que nuisibles. Il soupirait après le jour où Lafayette serait contraint de (1 faire tirer sur le peuple ». « Par cela seul, pensait-il, il se blesserait lui-même à mort. » L'on voit combien la pensée de Mirabeau travaillait, iCombien les plans se succédaient plus machiavéliques lies uns que les autres, et comment, malgré toute la molUité de ses idées, malgré toute la témérité des moyens l^qn'il proposait, son but restait toujours le même, à isavoir a. produire une meilleure distribution du pouvoir, une plus grande latitude surtout dans l'autorité royale ' ». Il n'est pas douteux qu'il ne songeât à revenir dans la voie de la centralisation. Tous les elforts qu'il avait jadis faits pour amener la décentralisation du royaume, il les oubliait. Sans doute il s'amusait en-
Ieore par occasion à prétendre que la forme idéale de ' Vingt-ijUatriÈJtie note pour la cour.