CHAP. X. BAPPHOCHEMENT AVEC LES JACOBINS
Il ne se fit; pas faute, dans son discours d'ouverture, de foire entendre aux Jacobins quelques vérités, a Déjà tous les Français, s'écria-t-il, sont auxiliaires de la ■liberté ; il ne reste plus qu'à les rendre tous ennemis de la licence et auxiliaires de la paix '. » Mais à ta cour on prêtait moins d'attention à ses paroles mêmes qu'à la Société devant laquelle ils les prononçait.
Après tous les incidents qui avaient marqué les dernières semaines, il paraissait bien difficile que le roi pût fournir des subsides à un homme dont la « manie de courir après la popularité » était considérée comme incurable. Mirabeau lui-même avait déjà songé à troquer l'aclivilé stérile à laquelle le séjour de Paris le condamnait contre une action véritablement utile en Provence. Toutes les difficultés qui concouraient ailleurs à menacer le maintien de l'ordre public s'y trou- "vaient augmentées là par la nature inllammable des esprits méridionaux. La disparition de l'organisation provinciale, le partage de la province en trois départements, la formation des nouveaux tribunaux, la chute du parlement, tout cela était accompagné de convulsions anarchiques. A Marseille surtout les désordres étaient continuels. Quand les « patriotes » et les « aristocrates » restaient en paix, c'était entre la garde nationale et la municipalité qu'éclatait la guerre. Les imaginations étaient encore pleines des triomphes qu'avait remportés Mirabeau pendant la période électorale. Le grand orateur voulait se montrer de nouveau devant ses compatriotes, et jurait à La Marck de combattre là encore sous la « bannière de l'autorité légitime, ou de mourir ". Mais alors il reçut à l'improviste d'un des membres du gouvernement |des propositions qui 'firent une fois de plus miroiter à ses yeux l'espérance
* Journal des ami$ de ta ConslituHon, a' 2, p. Oi. — Aularo, la Saciélé dei Jacobins, I, I^SS.
Stcbx, Mirabeau 11.
d'exercer au centre da royaume une action sur Tensembledes rouages de TÉtat. Exclu à jamais du ministère par sa qualité de député à la Constituante, il se trouva devenir enfin le premier conseiller secret et Faille d'un ministre.