‹ La vie de MirabeauChapitre 39 sur 51 · CHAP. XI. — ALLIANCE AVEC MONTMORIN · texte numérisé non relu

CHAP. XI. — ALLIANCE AVEC MONTMORIN

•ouvait le plan trop vaste el trop rféveloppé, il se serait déclaré conteofcsi l'on avait aoquis quelques avantages tmatédiats. Mercy, qui avait reçu à Bruxelles communication d'une copie, estimait que les projets de Mirabeau » -étaient excellents en théorie, mais fort difficiles à réali- 'Ser, surtout en considération de la quantité de collaborateurs habiles et dociles qu'ils réclamaient. La Marck indiquait tout au moins une objection d'une nature différente, lorsqu'il reprochait à Mirabeau de vouloir en revenir aux temps de la Fronde. 11 ne pouvait encore faire appel à Napoléon et à Fouchè, mais il pouvait citer l'exemple du cardinal de Retz. De fait, c'est aux intrigues si méprisables de l'ancien régime que Mirabeau, le tribun populaire, songeait à recourir. Acheter celui-ci par de l'argent, celui-là par des distinctions, introduire des espions à gage, habilement masqués, dans les cercles et les assemblées, faire tenir gratuitement à tous les libraires de la province des brochures de propagande, soudoyer quelques journalistes et mettre des journaux tout entiers an service secretdu pouvoir, en un mot, comme Mirabeau le dit lui-même, <i corrompre le peuple » : voilà ce qu'il recommandait comme la « seule ressource des administrateurs », Cette « corruption du peuple » exigeait des sommes énormes, dont il n'aurait Jamais fallu rendre compte à la représentation nationale. Sans doute on n'avait pas souvent à payer un Mirabeau, mais tout marché n'en était pas moins onéreux. Pour la seule police secrète Talon demandait 24 000 livres par mois. Le bureau secret de la presse devait pareillement engloutir des sommes considérables. Mirabeau lui-même reconnaissait qu'il faudrait donner par mois i 000 livres à chaque émissaire de la première classe, et 3 000 a chaque émissaire de la seconde. Et avec tout cela l'on n'était aucunement

t certain d'en être quitte. On avait à faire, comme leremarquait fort justement La Marck, à des gens qui ne

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