CHAP. XI
AVEC MO.VTMORIN
s discours de remerciement, ce que les uas altri- Ibuèrent à l'orgueil, et les autres à la modestie. Ainsi, en ^quelques semaines, les honneurs s'accumulaient sur la l'tête du grand orateur. « Sa popularité, avait écrit récemment La Marek à Mercy, s'est réellement accrue puis quelque temps, cela m'inquiète ; si jamais il .père du gouvernement et qu'il place sa gloire dans la popularité, il en sera insatiable ». Deux jours plus tard il complétait sa pensée par cet aveu : « Il ne faut pas se dissimuler que cet homme, par ses talents et son audace, conservera une grande prépondérance dans une révolution exécutée par des hommes dont le caractère se rapproche plus ou moins du sien ; et, quoiqu'il soit très difficile sans doute de gouverner avec lui lar lui, il me paraîtrait impossible de gouverner (Contre lui. Je crois donc encore qu'on a pris le parti le )lus sage en s'assurant son concours n.
La Marck pouvait i!^tre tranquille. Mirabeau, malgré Kous ses détours et retours, ne perdait pas de vue le but qu'il s'était sérieusement Oxé : ce but, la constitution l'on gouvernement fort, ne pouvait être atteint, étant 'âonnée l'opinion qu'il avait de son temps et de son ^ays, que par la centralisation monarchique. Jacobin jçt garde national, membre de l'administration dépàr- Bementale et président de l'assemblée, Mirabeau, en dépit des encouragements qu'il donnait à la Révolution et des visées personnelles qu'il nourrissait, restait toujours le même. Mais il était absolument indispensable que l'ingénieux échafaudage de ses plans ne s'écroulât pas avant même que l'édifice sortît de terre. La France devait rester en paix avec ses voisins. Il faut jeter un coup d'œil d'ensemble sur les vues de Mirabeau en fait de politique étrangère pour être en mesure d'estimer comme il convient la valeur du grand orateur en tant qu'homme d'État.
— yuij