‹ La Vie de mon pèreChapitre 14 sur 20 · L'OCÉAN · texte numérisé non relu

L'OCÉAN

Chant premier.

Enveloppé des voiles opaques de la nuit, perdu dans l'abyme de visions sans cesse renouvelées , mon esprit inquiet et agité, cosm'ipolite de la nature entière erre dan? les ombres des siècles écoulés; accumi'lant dans le sein de la terrible éternité, les fruirs brilîans des palmes toujouL'S fleudes , rongeant d'une dent aiguë

les merveilles de la nature, et protnenant une langue dévorante sur les chefd'osuvres de U création.

Ici maître Luchs s'endormit d'un sommeil profond, mon père jeta sur lui un regard dédaigneux, et ne jugeant pas que cette souche insensible fut digne d'être réveillée, il coTîtinua de lire de suite et pour lui seul les trente trois chants, s'écriant à chaque instant, quel feu! quelle noblesse! quelle élévation!

quelle abondance d'idées !

L'Océan fut mis au net , et proprement enveloppé dans i3ne feuille de papier doré. Peu de temps après, notre héros vêtu d'un habit d'écarlate tout neuf que le petit tailleur bossu lui avoit fait avec un morceau de drap volé, eut l'honneur de présenter lui-même à S. A. sa sublime production.

Emmerentius Théodore accueillit favorablcm2nt le pauvre administrateur exilé ; le pr ëme fut lu , personne n'en comprit un mot , et néam moins il fut porté

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atix nues par le piince et conséquemment par toute sa cour.

Mon père s'aperçut bientôt que son Océan étoit devenu pour lui la corne d'abvjndance, le prince quelques jours apr^Si le nomma Intendant du parc, petit emploi suffisant pout le faire exister, et dont il étoit en droit d'espérer qu'aucun lutin ne viendroit le chasser.

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