‹ La Vie de mon pèreChapitre 17 sur 20 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

La Lâcheté.

Oh douce et aimable Mll«- Morgenthau !

dit en soupirant le malheureux voyageur. Jusqu'à quand ton ami , ton frère d'adoption, le lutin poursuivra- 1- il un infortuné ! Guiilemine! Guillemine! déjà deux fois je me suis vu en rêve touchant au port de îa félicité, prêt à ma réunir à toi ! La crédulité et la supers* tition m'ont chassé des montagnes de. Harz ; et Tamour m'a banni du parc de S. A.! Hasard, fatalité ou démon! le-; quel de vous dirige mes pas? .Quelle puissance dois je implorer? La plus im« périeuse, celle du besoin, fit entendre sa voix: Impose à ta raison le joug de li. croyance, lui dit- elle intérieurement; re- ' tourne avec un coeur contrit au château de Mr. de Siissenhsyn , avoue devant lui et devant la bonne M'ie. Morgenthau

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que tu n'as été qu'un sot, et reconuois publiquement l'existei.ce du malicieux, farfadtt , les coeurs te reviendront en fouie, on te rendra ta place d'adnaiuis* traieur, et tu pourras de nouvçau te reposer à l'ombre des chûnes majestueux, tu jouiras de la joie de tes anqiens compagnons qui s'empresseront de venir te serrer la main; car comme tu le sais, l'arrivée d'un pécheur repentant causera plus rt'alégresse dans le ciei que celle de cent justes.

La voix raisonnoit toujours, quand mon père arriva dans une lande trèsaride ^ où il trouva pour tout rafraîchis- , sèment qm Iques grains de genièvre qu'il enleva aux grives qui yoUigeoient çà et là; mais son estomac étoit plus exigeant que celui d'une grive , et la faim se faisoit sentir avec violence. Po^ycarpe se décida tout- d'un- coup à suivre les conseils de la voix intérieure que nous venons d'entendra , et à reconnoître s'il le falloit, l'existence de dix mille

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lutins, si par là, il pouvoit recouvrer les bonnes grâces de Mr. de Siissenhayn.

En conséquence il dirigea ses pas vers les montagnes de Harz, et au bout de douze jours d'une marche très- pénible, il arriva le visage halé et les pieds tout meurtris dans la vaste forêt qui en fait l'enceinte. Le coeur lui battoit avec violence à mesure qu'il approchoit du château de Siissenhayn, et deux larmes de seritiment coulèrent sur ses joues brunies, quand, dans l'épaisseur du taillis il aperçut la petite cahute, où jadis meurtrier d'une autruche , fuyant la co« 1ère du gros homme brun, il avoit trouvé un refuge contre l'orage et la tempête. L'image chérie de Guillemine vint se retracer à son coeur dans ce lieu où quelque temps auparavant le délire de son cmour et les rêves heureux de son imagination lui avoient fait couler tant de délicieux momens l'attrait du lieu , d'agréables souvenirs, et les tableaux brillans de l'espérance, l'avoient insensiblement

plongé

plongé dans une douce rêverie donc toutà-coup des cris douloureux vinrent l'arracher. Poljcarpe, sans aurre arme que son bilton noueux n'hésita pas à s'élancer de h cahute, et se frayant un chemin à travers les broussailles, il avança rapidement vers le lieu d'où étoient venus les cris qui se cbangeoient peu - àpeu en de longs et sourds gemissemens.

L'arme ne constitue pas le courage.

La valeur est aurre que la force, et le sentiment d'une force supérieure n'est pas plus courage, que le don de quelqua monnoie n'est générosité dans le possesseur de plusieurs millions. Mon père arrive et voit Mr. de Sussenhayn vivement pressé par deux assassins; et les deux meurtriers étoient les mêmes orphelins auxquels, à la recommandaripn de Mlle. Morgenthau, il avoir jusqu'alors servi de père, et dpnt la parfaite ressemblance avec le paiwre Polycarpe, avoit comme le lecteur peut s'en rappeler,

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allumé dans le sein de la chaste ménagère cette haine implacable contre lui. Ils étoient tous les deux armés d'un fasil et d'un couteau de chasse. Mais que peuvent par elles -mêmes ces armes, quand le bras destiné à en presser les ressorts et à en tictiver les moyens, est lui-même rendu impuissant par le trouble intérieur d'une conscience timorée? Grâces te soient rcndues sage et éternelle providence! La lâcheté est h compagne ordinaire d'une mauvaise action, la vertu seule donne le vrai courage ! Mon père franchit avec la rapidité de l'éclair l'espace qui le sépare du lieu dii combat, il promène son bâton noueux sur la tête de ses demift-ères, et les deux lâcnes prennent la fuite.

Vivement, ému !i se rapproche de Mr.

de Sitssenhayn, qui nageoit dans son sang. Ce dernier avoit reçu un coup à la t^Ëte et une blessure profonde dans le côîé gauche: Est-ce toi, mon fils Polycarpe ? ; dit • il d'une voix affbiblie , est*

ce toi à qui un père ingrat doit la vie? Combien Je fuis n'ai- je pas maudit ma barbare insensibilité! Combien d'exprès n'ai- je pas envoyés, pour te chercher et te ramener dans mes bras! Oh mon voeu le plus vif , le plus sincère est rempli! je te revois, tes mains pures cloront ma paupière. Daigne le ciel, en retardant l'instant de mon trépas, me permettre de récompenser ta vertu !

Mon père sentit bien que ce n'étoit ni le temps ni le lien de récapituler le passi, et voyant le malheureux Intendant grièvemrnr blessé perdre insensiblement ses forces, il se détermina, faute d'autres moyens^ à le charger sur ses épaules , et le transporta tout doucement jusqu'au château. Ou l'etabiit dans son lie pendant que M^'e- Morgemhau exhaloic sa doukur en cris et en sanglots. Polycarpe envoya sur le meilleur cheval, le chasseur Mathieu à la ville voisine pour en ramener au plus vire un médecin, et les chasseurs Jean et Antoine reçurent 9 *

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ordre de fouiller la forêt et de ramener morts ou vifs les deux assassins.

La douce et sage ménagère cherchoit à se tirer imperceptiblement du mauvais pas où elle se voyoit engagée; mais, pour plus grande sûreté, et pius grand contentement de tous les gens de la maison, on prévint son projet en l'enfermant dans la cave. Les imprécations, les menaces, ' les prières , la rage, les larmes, elle employa tout pour intimider ou fléchir; mais bientôt ses organes fatigués de distiller le fiel et le venin de son âme, la laissèrent plongée dans une profonde stupeur.

Peu d'heures après parut sous la grande porte du château le chasseur Jean ramenant les deux fils d'une si digne mère, les mains attachées derrière le. dos. Arrivés dans la cour, ils furent accueillis pBr tous les domestiques qui leur distribuèrent généreusement quelques coups dé chambrière. Ils avouèrent en pleurant que Thonnête M^ie. Morgenthau les

avoit incités à cette action; que -déjà depuis long temps \t v> de Mr. de Siissenhayn lui éîoit à charge, que grâces à ses soins tous les biens étoient grevés de dettes; que tout l'argent emprunté dessus étoit enfermé d:ns un coffre -fort de fer et soigneusement enterré, et qu'elle n'attendoit que la réussite de leur criminelle entreprise, pour se mettre en sûreté avec son trésor , et abandonner à l'héiitier légitiaie le château entièremenj: vide.

D'après ce libre aveu, on mit les deux scélérats , entre les mains de la justice 5 qui leur fit donner un appartement aussi frais, que celui qu'Emmerentius Théodore avoit quelque temps auparavant assigné à mon j)ère, quand le loup eut mangé les deux brebis d'Espagne. On tira M^e- Morgenthau de la cave , elle fut interrogée et n'avoua rien; mais, comme le coflVe- fort bien garni onfirmoit assez la déclaration de ses deux enfans d'adoption, on la confia pareillement

aux soins d'un archer à figure sévère, qui en très peu de temps lui persuada, non - seulement l'existence du lutin, mais parvint même à lui faire croire que le farfadet avoit pris un corps pour la tourmenter.

Pour ne plus revenir sur ce désagréable sujet, j'aime mieux raconter tout de suite tout ce qui a trait à cet événement. Mr. de Siissenhayn au Ht dé la mort , pardonna â la mère et sus deux enfans. A sa prière on ne fit pas parler la loi aussi sévèrement qu'elle l'auroit dû faire. M'Ie. Morgenthau devint l'ornenient d'une maison de correction , où, aa milieu de caniques saints, elle eut le temps de faire de sérieuses réflexions, et où elle n'en fit pas; ses deux dignes rejetons volèrent à la gloire sous les éteni dards d'un régiment prussien, et après avoir déserté, et été rattrapés deux fois, ils furent attachés à côté l'un de l'autre à la même potence.

CHAPITPlE XL

L'Enfer,

X ENDANT que les luritis évacuoîent ainsi successivement le cliâreau de Siissenhajn, arriva le médecin couvert de sueur et de poussière. Il visita les blessures de rintendant et ne les trouva pas mortelles. Mon père ne s'éîoignant pas du lit du malade assistoit à chaque pansement, et veîlloit toutes les nui:3 dans l'antichambre , en prêrant une oreille inquiète et attentive. Tantôt il arrangeciE les oreillers écartoit les mouches , ou préparoit un verre de limonade. Mr.

de Siissenhayn remarq^noit tout en silence ^ et cette maladie opéra dans soa ame un changement très- grand. Il pensa pour la première fois sérieusement à la mort, et à ^éternité. Son coeur naturellement pur et droit, mais dont les germes heureux n'avcîent pu se développer

dans le torrbillon du monde, éprouva ce vide que rout être pensif et observate-ir de la nature doit connoître.

Son état habituel se trouvoit subitement chang"", M'I-- Morgenthau, et .ses deux enfans n'étoient plus auprès de lui; l'i.'é.- de les associer à sa famiile, celle de captiver leur amour, et leur reconnoissance, tout s'ctoit évanoui pour lui dans un jour. Tristement couché sur le côté, en ftce de la muraille, il se voyoit privé du plaisir de la chasse , sa chère et unique occupation, et réduit à garder le silence de crainte de retarder les pro-, grès de sa g.érison .... Quelle ressource lui restoii-iî? et géneraltment parlant, quels moyens peut employer un être ignorant et dissipé pou'- remnh'r les instans vides de la journée? L'ame ?. besoin d'être occupée; manque -t- elle de fonds et de moyens? elle s'en crée d'imaginaires , se berce de songes, devient enthousiaste; et ce nouveau langage du fanatisme et de l'exçgt'raiion lui paroît

un appel impérieux à la religion. Combien t:e pieux 'Ctours à la divinité sont dus à cette cause, bien plus encore qu'à la crainte de la mort.

Mr. de Siissenbayn commença bientôt à croire qu'une essence supérieure avoit paternellement occasionné le malheureux événement qui lui érnit arrivé, ponr le retir-r par la voie des souffrances du sentier d'iniquité dans lequel il étoit plongé, et le conduire dans celui de la vertu. Il fit appeler un ministre nonimé le Docteur Schlendrian. L'air de l'insouciance régnoit sur la figure de ce ministre du Seigneur; tout lui paroissoît égal dans le monde. Unir un Jeune couple, ou exhorter un malade au lit de la mort, étoit pour lui deux cérémonies religieuses dans îesquelles le héuéf\'c.p seul établissoit la différence. A force de s'égarer dans les vignes du Seigneur, les devoirs de son état étoient ievenus pour lui de;? fonctions purement m/ichinaks.

Il croyoit à tout ce que l'on vouloitj à

l'éternité des souffrances de l'enfer, aux revenans, aux lutins, à tout en un mot excepté à la pluralité des moudes, parce que dans l'histoire de la création de Moïse, dont il étoit l'admirateur, et le défenseur zélé, le soleil, h lune, et les étoiles sont traités un peu cavalièrement. Il jouissoit d'une grande considération parmi ses paroissiens , que son zèle aciifcherchoit à prévenir contre l'é» loquence captieuse de la foule de faux prophètes qui, pareils, au loup qui avoit dévoré les brebis d'Espagne, de sa débonnaire altesse, le prince Emmerentius rodoient en silence , guétant l'instant propice de s'élancer sur leur proie.

D^ji depuis long-temps la vie pécheresse de Mr. de Siissenhayn étoit pour le pasteur un sujet de scandale; un péché sur-tout qu'il ne lui pardonnoit pas, étoit de Tarracher régulièrement tous les jouts à trois heures du matin, des bras de son plus doux sommeil par le bruit des cors de chasse, les cris des piqueursy

et les hurlemens des chiens, qui passoient justement sous les fenêires du presbytère. L'ancien Sf igneur, père d.. Mr. de Siisserhayn , réparait ordinairement ce désordre par Tenvui d'une couple de lièvres, assez souvent d'un chevreuil, et môme quelquefois d'un sangher. Le nouveau Seigneur non • seulement venoit rarement à l'église, encore plus rarement à confesse , mais encore consnmraoit tout son gibier au château. A]'>u'ez à- tout cela, une raison secrère qui, plus que toute autre chose avoit contribué à nourrir la rancune ecclésiastique.

Le Docteur Schlendrian avoit jadis formé le projet de s'a'tacher, en tout bien tout honneur, M'^^- Morgenthau en qualité de gouvernante. Elle étoit alors dans tout l'éclat de la jeune&se, et si bien traitée de la nature que le créateur auroit pu se complaire dans son ouvrage. Les articles préliminaires éioient déjà signés des deux côtés, quand l'arrivée subite et imprévue du seigneur vint

chnnger les réso'utions de la demoiselle et la rendit au monde. Elle balança quelque temps, mais enfin elle inclinn, du coié où les lièvres et les chevreuils afiîuoient.

Voilà de ces torts qu'un prêrre ne pardonne jamai?; aussi le Docteur Schlen*drinn ne manquoit-il pas de tirer sur Mr. de Siissenhajn toutes ks fuis que l'évangile dii dimrinclje lui fournissoit quelques allusions plus ou moins jU6tes. Mais, coiiime celui-ci étoit un de ses auditeurs les moiiis assid.is, et que sa malignité se trouvoit par- là ssns effet, le Docteur saisit avec joie l'occasion qui se préscntoit , pour, s'il étoit possible, torturer la conscience intimidée du pauvre malade.

Hé bien! Monsieur, Inl dlc-il en se laissant tomber dans un fauteuil placé au pied du lit, dans quel état se trouve voire âme?

DE MON PÈ PvE. 141

M. DE Sus. Dans un étati passable, mon cher pasteur; k n'ai aucun crime, aucune mauvaise actii;n à me rCfiroclicr, mais notre nature n'^^st point exempte de foiblesses.

Le Doct. Sch, Oui, oui, c'est là le langage de Satan et de ceux qu'il inspire. Nous nous rejetons sur Ja foiblesse de notre nature, sur les écarts involontaires de notre tempérament, au lieu de mortifier notre chair, et d'amortir nos passions, et nos désirs; mais avec de pareils faux-fuyans on se ménage un sinistre avenir.

M. DE S. Je ne le puis croire mon cher pasteur ; je me représente Dieu comme un bon père et non comoie un bourreau toujours prêt à déployer un bras vengeur, et à nous préparer des supplices. ,

Le D. Sch. Oui, oui, nous y voilà : Dieu daigne préserver toute ame pieuse, et chrétienne de ces principes irréligieux! De là il esc facile de

conclure que vous ue croyez pas à renfer.

M. DE S. Je crois que les bons seront récompensés, que les médians seront punis, où, et comment? je n'en sais rien. Dans tous les cas un supplice éternel me paroît peu mesuré aux délits ■ - ^ de la foible humanité.

Le D. Sch. (détournant les yeux.) Grand dieu? De tels blasphèmes font frémir; et moi je vous dis (en élevant la voix) en qualité de ministre des autels , d'interprète de la parole divine, que l'enfer et ses supplices seront éternels ; que tout homme qui dans cette vie n'aura

pu commander à ses désirs, à ses pas-

'i sions déréglées , sera plongé dans une .

mer de souffre enflammé , et que là,

au lieu de concert et de musique de chasse

on n'entendra que des cris lamentables

ei d'horribles grincemens de dents,

voulez- vous des preuves? en voila: Il

ouvrit une bible , en cita cinquante

passages, et criant plus haut qu'un major qui fait manoeuvrer un régiment, il impatienta tellement le pauvre Mr. de Silssenhayn, que celui ci ne trouva pas d'autre moyen que de le faire jVter à la porte. Déjà depuis lorg temps le chasseur Matthieu, attendoic cet ordre, et le Docteur se trouva tout • à - coup sans trop savoir comment, sur le dernier degré de l'escalier, d'où il coniinua en grommelant sa route vers le presbytère. Le soir, mon père, pour adoucir un peu l'orgueil ecclésiastique blessé, envoya au Docteur, un chevreuil, et une demi- douzaine de lièvres. Le concierge chargé du message rapporta la réponse suivante : Que quoique à la vérité les tourmens de Fenfer fussent éternels ^ on pou\oit par la prière et les bonnes oeuvres prévenir les ejfas de la colère divine. Mon père sourit , et îe concierge se mit à rire.

Cet événement comique tout au plus en lui-même, eut cependant les suites les plus graves; le malade s'étoiç emporté

vivemem, la bile étoit passée dans le san^:, ks blessures s'étoient envenimées, la fièvre devenoit à chaque instant plus forte, et trois jours après il n'y eut plus d'espoir de guérison. Mr. de Siissenhayn sentant sa fin prochaine, fit éloigner tout le mondé , approcher mon père de son lit , et lui tint le discours suivant :

Poljcarpe , je vais te découvrir un secret qui me pèse bien davantage que lé tableau effrayant de l'enfer du Docteur wS:hlendrian ne m'intimide; je suis ton père..... Le mari de ta mère ét'.it un homme respectable, mais.... et sa vie ne renfermoir qiCime action principale^ et une action politique. Sa vertu première, l'honnêteté, Ta souvent rendu dupe sans lui donner plus de considération;^ c'est avec la plus vive douleur (ici une, larme s'échappa de sa paupière j que je. me rappelle cet attentat, à la propriété d'aurrui. Mais ne me hais pas, mon fils!, j'étois alors un jeune eiourdi , ne voyant que le moment présent, et ne pen.sant

pas

pas sur -tout qu'une heure aussi terrible que celle-ci dût arriver. Pardouiie à mon repentir, et ne me prive pas. au lit de la mort de la couMiluion dernière de réparer autant qu'il m'est pussibl* mes torts envers toi.

Mon père se précipita dans ses bras, et tout deux pleiîrèrent amèrement, L'Intendant fit appeler un noraire et des témoins, et en leur prr'sence il adopta solennellement mon père, et l'iusiitua héritier de tous ses biens.

Peu d'heures après Poîycarpe recueillit son dernier soupir son corps fut enterré avec toutes les cérémonies d'usage; et le Docteur Svhlen irian, dans une b.llft oraison funèbre qu'il prononça à cette occasion, honora vingt- cinq fois le défunt du titre de bienheureux , le tout pour prix et somme de cinq florins d'Empire.

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