‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 103 sur 589 · VOCATION 1)E SAINT MATTHIEU · texte numérisé non relu

VOCATION 1)E SAINT MATTHIEU

et que connaissaient depuis longtemps les caravanes, elles pénétraient jusque dans le cœur de la Judée. C’est cette route que suivirent en particulier Holopherne et Sisara : aussi était-elle sous les Romains très-importante et pour le commerce et pour la douane.

En effet, la Palestine est à l’ouest bornée dans toute sa longueur par la mer Méditerranée. Au sud jusqu’à l’Égypte, et à l’est jusqu’à l’Euphrate, elle est fermée par d'immenses déserts qui forment autour d’elle comme une mer sèche et aride. Cette route était donc le seul chemin important par où la terre sainte put se relier avec le reste de l’Asie. C’était par elle que la moitié du grand plateau sillonne par le Liban et l’Hermon, et descendant au sud vers le Jourdain, était mis en rapport avec l’autre plateau, c'est-à-dire avec les pays qüi s’inclinent vers le nord, et au milieu desquels est la ville de Damas. Encore aujourd’hui, on aperçoit les vestiges d’une ancienne voie romaine qui, partant de la vallée et montant les pentes septentrionales des montagnes, indique combien cette route était fréquentée autrefois. C’est toujours le chemin que prennent les caravanes pour aller à Damas, en traversant le pont de Jacob et le grand Hermon. La voie de mer, qui allait du nord au sud, se croisait ici avec la voie de terre , qui conduisait de l’ouest à l’est. Les Phéniciens et les Arabes surtout, au rapport de Strabon (liv. 16, p. 519), transportaient leurs marchandises sur le Jourdain dans les contrées plus méridionales; puis les chargeant sur des chameaux, ils se rendaient en Arabie à travers les déserts, et de là à Ophir ou aux Indes. Au retour, ils chargeaient sur leurs barques les blés de Minnith ou du pays des Ammonites, de Judée ou de Galilée, du baume, du miel, de l’huile et

d’autres produits de ce genre, et iis les transportaient en Phénicie, comme nous l’apprennent les saintes Écritures, entre autres Ézéchiel ch. xxvu, et les Actes ch. xu.

Déjà le patriarche Jacob, à son lit de mort, disait, dans un élan prophétique : « Zabulon demeurera au bord de la « mer, et ses vaisseaux iront jusqu’à Sidon. » Le principal commerce des indigènes était celui du lin et du murex qui fournit la pourpre. Le lac de Gennésareth lui-même nourrissait une espèce particulière de ces mollusques. La filasse et les toiles de lin de Galilée étaient transportées en Phénicie, pour y être teintes dans la ville de Tyr; car les Phéniciens se distinguaient surtout par leur habileté à teindre les étoffes. Ils remportaient encore du rivage de la mer de Zabulon un sable précieux, dont Moïse fait Téloge dans ses bénédictions , et qui leur servait à fabriquer du verre, qu’ils rapportaient ensuite en Palestine, et ils s’attribuaient l’invention de cet art. Le Jourdain était la grande artère de la Palestine, et le lac de Gennésareth en était comme le cœur, et servait de centre pour les importations et les exportations du commerce.

Capharnaüm, situé dans le pays de Zabulon, au nord-

ouest de la mer de Galilée, était l’entrepôt naturel de

toutes les marchandises. C’était là qu’affluait, en quelque

sorte, tout le sang des contrées environnantes; et c'était

de là aussi qu’il repartait pour y circuler de nouveau. Aussi

devait-il s’v trouver naturellement un essaim nombreux «

de douaniers ou collecteurs d’impôts, chargés de recevoir les droits d'entrée ou de transit. Là était l’entrepôt de tout le commerce de la Galilée orientale : tout ce qui venait par eau des pays soumis au tétrarque Philippe arrivait à Capharnaüm. C’était là qu’on chargeait et déchargeait

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