PARABOLES DE LA BREBIS, ETC
« le désert chercher celle qui est perdue jusqu’à ce qu’il « la trouve? Que vous en semble? Et s’il parvient à la troua ver, je vous le dis, il a plus de joie à son sujet que a pour les 99 qui ne se sont point égarées. 11 la prend avec « joie sur ses épaules, vient à la maison, invite ses amis et « ses voisins, et leur dit : Réjouissez-vous avec moi ; car « j’ai retrouvé ma brebis qui était perdue. De même, je « vous le dis, il y aura plus de joie dans le ciel sur un pé- « cheur qui fait pénitence que sur quatre-vingt-dix-neuf « justes qui n’ont point besoin de pénitence; car ce n’est
* pas la volonté de votre Père céleste qu’un seul de « ces petits périsse.
« Ou bien , quelle est la femme qui, possédant dix « drachmes, et en ayant perdu une, n’allume pas aussitôt « une lumière, tournant et retournant en tout sens la a maison , et cherchant avec soin jusqu’à ce qu’elle la h trouve? Et lorsqu’elle l’a trouvée, elle convoque ses « amies et ses voisines, et leur dit : Réjouissez-vous avec « moi; car j’ai retrouvé la drachme que j’avais perdue.
* Ainsi, je vous le dis, se réjouissent les anges de Dieu « sur un pécheur qui fait pénitence.
« Il leur dit encore : Un homme avait deux fils. Cepen- « dant le plus jeune dit à son père : Mon père, donnez- « moi la partie du bien qui me revient. Et le père partagea « son bien à ses enfants. Peu de jours après , le plus jeune « recueillit tout ce qu’il possédait, s’en alla courir le « monde, et dépensa tout son bien dans une vie dissipée. « Après qu’il eut tout dépensé, une grande famine se « déclara dans cette contrée, et il commença à souffrir « du besoin. Il alla donc, et s’attacha à un habitant du
* pays, fiui l’envoya dans sa terre pour garder les porcs.
« Là il aurait volontiers apaisé sa faim avec les fèves que « mangeaient ces animaux, mais personne ne lui en (« donnait. Alors il rentra en lui -même, et se dit : Comte bien d’ouvriers dans la maison de mon père qui ont du « pain en abondance, et moi je meurs ici de faim. Il faut « que je me lève et que j’aille trouver mon père, et que « je lui dise : Mon père, j’ai péché contre le ciel et u contre vous; je ne suis plus digne d’être appelé votre « (ils; gardez- moi seulement comme un de vos serviteurs « à gage. Il se leva donc, et retourna vers son père. Et « lorsqu’il était encore bien loin son père l'aperçut, eut « pitié de lui, courut à sa rencontre, se jeta à son cou et « le baisa. Mais son fils lui dit : Mon père, j’ai péché « contre le ciel et contre vous, et je ne suis plus digne « d’être appelé votre fils. Alors le père dit à ses serviteurs :
« Apportez -lui promptement sa première robe, et l’en « revêtez ; mettez -lui un anneau au doigt, et des souliers « aux pieds. Prenez aussi un veau gras, et tuez -le : nous « ferons un festin copieux et joyeux ; car mon fils était « mort, et il est ressuscité; il était perdu, et il est « retrouvé. Ils se mirent donc à préparer un grand festin.
« Mais son fils ainé, qui était dans les champs, revint;
« et lorsqu’il fut près de la maison il entendit la musique h et le bruit de ceux qui dansaient. 11 appela donc un des « serviteurs, et lui demanda ce que c’était. Celui-ci lui « répondit: Votre frère est revenu, et votre père a fait « tuer un veau gnis, parce qu’il l’a retrouvé en pleine « santé. Mais le frèrç entra dans une grande colère, et ne « voulut pas entrer. Alors le père sortit et lui parla. IL « répondit à son père : Comment! je vous sers depuis a tant d’années déjà; je ne vous ai jamais désobéi, et1
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« cependant vous ne m’avez jamais fait tuer un chevreau, « pour que je puisse me réjouir avec mes amis. Mais aussi- « lot que votre autre tils, qui a mangé son bien avec des « femmes perdues, est revenu, vous avez fait tuer pour « lui un veau gras. Le père lui dit : Mon fils, vous êtes « toujours avec moi , et tout ce que j’ai est à vous ; mais il « fallait faire festin et nous réjouir, parce que votre frère a était mort, et il est ressuscité, il était perdu , et il a été a retrouvé. Ainsi le Fils de l’Homme est venu pour cher- « cher et rendre heureux ce qui était perdu. »
Le peuple juif est cet enfant perdu du Seigneur, réduit , par sa faute , à servir et à garder les porcs. Et jusqu’ici ni le malheur ni les coups de la colère divine n’ont pu le ramener à Dieu. De même que Matthieu, fils perdu aussi loi, et retrouvé maintenant pour le royaume de Dieu, célèbre sa conversion par un grand festin , ainsi dans les trois paraboles les voisins et les amis sont invités à un repas joyeux pour fêter l’heureux événement de la brebis et de la drachme retrouvées, et de l’enfant rendu à son père. Et de même que les pharisiens sont jaloux de l’honneur que Jésus fait au publicàin, ainsi dans la parabole le frère du prodigue est jaloux de celui-ci à cause du festin par lequel son père veut fêter son retour et sa conversion. L est ainsi que Notre -Seigneur rattachait toujours ses paraboles à un fait ou à un objet présent, quoique le sens profond qu’elles renferment pût s’appliquer à tous les temps et à tous les lieux. Jésus dit ces paraboles vers le commencement de l’an 779, ou 2G de l’ère chrétienne.