CHAPITRE XVII
Le Sermon sur la montagne.
« Jésus quitta de nouveau le pays deTyr, et vint par « Sidon vers la mer de Galilée dans le district de la Déca- « pôle. » Ainsi il revint par la lisière des Gentils, ou la Galilée supérieure, en traversant le mont Liban. Et après avoir touché dans sa route la grande Cana des Sidoniens, puis Hébron et Cadesch des Tyriens, il descendit dans la campagne de Bcthulie. Mais la renommée marchait devant lui. Une grande foule de peuple le suivait, et une multitude non moins considérable attendait là son retour. « Jé- « sus, partant de là, alla plus loin, et monta sur une « montagne pour prier. Ayant passé la nuit en prières, « dès qu’il fit jour, il réunit autour de lui ses apôtres, et « il y avait là une grande foule de peuple de Galilée et de
* toute la Judée, de Jérusalem et des côtes maritimes, « de Tyr et de Sidon; et ils le suivaient, parce qu’ils « avaient entendu parler de scs actions. Ils étaient venus « pour l’entendre et pour être guéris de leurs maladies. » (Marc, ni, 7; — vu, 31. — Matth. , îv, 25; — xv, 29. — Luc , vi, 12.)
« Jésus s’assit, ses disciples approchèrent de lui. Et lui , « ouvrant la bouche et levant les yeux sur ses disciples, « les enseignait en disant : Heureux les pauvres en esprit; « car à eux est le royaume des deux! Heureux les doux, « parce qu’ils posséderont la terre! Heureux les désolés , a parce qu’ils seront consolés ! Heureux ceux qui ont faim
* et soif de la justice, parce qu’ils seront rassasiés! Heu-
« reux ceux qui ont le cœur pur, parce qu’ils verront « Dieu! Heureux les pacifiques, parce qu’ils seront appert lés fils de Dieu! Heureux ceux qui souffrent persécution « pour la justice, parce qu’à eux est le royaume des « deux î Vous êtes heureux lorsque les hommes vous « calomnient et vous persécutent, vous haïssent et vous a chassent, méprisent votre nom et inventent toute sorte u de mal contre vous à cause de moi, le Fils de l’homme : « réjouissez- vous, et soyez dans l’allégresse; car grande « est votre récompense au ciel. Vos pères ont agi de meme « à l’égard des prophètes qui étaient avant vous, et les ont « poursuivis.
« Mais malheur à vous, riches; car vous avez reçu u votre récompense î Malheur à vous qui êtes rassasiés ; « car vous aurez faim! Malheur à vous qui riez; car vous « pleurerez et serez dans la tristesse! Malheur à vous u quand les hommes vous louent ; car ainsi ont fait vos « pères avec les faux prophètes! » H. Grotius, sur le chapitre vi de saint Luc, verset 26, raconte de Pbocion chez les Grecs que , lorsqu’il était applaudi par le peuple dans un discours, il avait coutume de demander à ses amis quelle faute il avait faite. Notre-Seigneur continue en ces termes : « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la « loi et les prophètes; je suis venu au contraire pour les « accomplir. Vous savez qu’il a été dit aux anciens : Tu « ne tueras point, et quiconque tue encourt un juge- « ment. Mais moi, je vous dis : Quiconque se met en u colère contre son frère encourt par là le jugement de u Dieu. Celui qui dit à son frère : Raca, sera traduit u devant le grand conseil; mais celui qui rappelle fou se « rend digne du feu de l’enfer. » Raca signifie littérale-