‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 147 sur 589 · LE SERMON SLR LA MONTAGNE · texte numérisé non relu

LE SERMON SLR LA MONTAGNE

* Tes greniers et les granges seront bénis; tu seras béni « en entrant et en sortant. Bénis seront tes selliers et « toutes tes affaires! Le Seigneur renversera devant toi « tous tes ennemis ; il fera de toi son peuple, et te com- «t blera de toutes sortes de biens, comme il Ta promis.

« Tous les peuples de la terre verront que le nom du « Seigneur a été invoqué sur toi , et ils trembleront devant •t toi. » Et les tribus placées à droite sur la pente du Garizim, répétaient après chaque bénédiction : Amen.

( Deuteron ., xi, 26. 27; xii. — Josué, vin, 30.)

Ainsi Lavait commandé le Seigneur sur le Sinai, lorsqu'il avait donné la loi de l'ancienne alliance; et son commandement fut accompli à la lettre. Car jusqu'à aujourd’hui le mont Hébal, cette montagne de malédiction, est resté désert et stérile; le Garizim, au contraire, fécondé par les bénédictions de Dieu , porte sur ses coteaux verdoyants une multitude innombrable d’oliviers, de légumes et d’herbages. Mais près de là, à côté de Saphet , probablement l’ancienne Béthulie , où Judith tua le prince des armées d’Assyrie, dans la patrie de Tobie, au côté occidental de la mer de Galilée, entre Szaffad et le Tabor, à deux lieues et demie de Tibériade , s’élève une montagne nommée la Montagne des béatitudes, et d’ou la vue embrasse Saphet, le grand Hermon et les vallées spacieuses de Gennésareth. C’est là la montagne de la loi pour la nouvelle alliance. Les Turcs l’appellent les cornes de Hittin, parce qu’elle a la forme d’un trône. Et elle fut réellement en ce jour le trône de la majesté du Verbe, qui a fait de la terre son marchepied. D’après le Talmud, Saphet elle-même est encore aujourd’hui une des quatre villes les plus saintes de la terre promise, vers

lesquelles, selon les prophéties, le Messie devait venir. C’est la ville sur la montagne, avec ses maisons bâties sur le rocher, dont Notre -Seigneur parle en saint Matthieu (v, 44; — vu, 24) lorsqu'il compare avec elle ses disciples et les fidèles qui persévèrent dans l'accomplisse ment de sa loi. Cette ville, ou plutôt la montagne sur laquelle elle s'élevait, fut alors en effet comme le chandelier de la lumière éternelle. La plaine située au pied de la montague était souvent, pendant l’hiver, obstruée et ravagée par les amas de sable que les ruisseaux y amenaient. Encore aujourd’hui les Juifs croient qu’une prière doit être deux fois la semaine adressée au Seigneur dans les quatre villes de Jérusalem, d’Hébron, de Tibériade et de Saphet, non-seulement pour le salut de leur propre peuple, mais encore pour celui du monde entier; et que sans cela tous les peuples seraient aussitôt précipités dans la ruine. Ainsi, d’après la foi même des Juifs, la bénédiction et la malédiction des peuples sont attachées à ce lieu sacré, comme autrefois la bénédiction et la malédiction d’Israël étaient liées aux montagnes d’Hébal et de Garizim.

C’est au milieu du tonnerre et des éclairs que fut promulguée sur le Sinaï la loi de la justice et de la colère divine. Mais ici, sur la Montagne des béatitudes, la loi de l'amour coule doucement des lèvres du Sauveur. L’ancienne alliance avait commencé par la malédiction , et la malédiction y avait gardé la première place; les bénédictions n’étaient venues qu’après, et beaucoup moins nombreuses : c’est la remarque que fait le Taluiud luimême. On lit en effet dans le livre intitulé Tanrhuma (fols 80, i ) : « Les malédictions du Deutéronome pren- « nent 20 versets, tandis que les bénédictions n’en

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