‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 200 sur 589 · LE CHRIST ET BEELZEBUL · texte numérisé non relu

LE CHRIST ET BEELZEBUL

confiance, et partagea ses dépouilles. Toute la Judée fut bouleversée et le peuple infidèle dispersé par toute la terre ; car ainsi l’avait mérité cette race perfide. Toutes les paroles de Notrc-Seigneur, nous le voyons, sont des prophéties; elles renferment en elles le présent, le passé et l'avenir.

D’après la croyance des Juifs, trois démons, chefs de tous les autres, répondaient aux trois princes de la hiérarchie céleste, Raphaël, Michel et Gabriel : ces trois démons étaient Sammaôl , fange de la mort, Beelzebul et Asmodée. Sammaël avait séduit les anges dans le ciel et nos premiers ancêtres au paradis terrestre ; Asmodée était occupé continuellement à perdre les hommes. Pour Beelzebul , le fort de l’abîme , c’était lui qui fermait les portes de l’enfer. Son nom seul le désignait déjà comme le maître de la maison, ou bien encore comme le démon de l’impureté, c'est-à-dire, dans la pensée des Juifs, du paganisme. Ainsi , lorsqu’ils accusaient Jésus d’être possédé par Beelzebul, ils voulaient le faire passer pour un pythonicien, et le confondre avec ces jongleurs de bas étage et ces magiciens qui devaient à l’influence des puissances infernales l’art perfide qu’ils exerçaient pour séduire les hommes. Les contemporains de Y Homme-Dieu , ne pouvant se refuser à l’évidence des miracles qu’il opérait sous leurs yeux , se voyaient contraints , par suite de leur aveuglement et de leur méchanceté, à les attribuer aux influences du démon ; car on n’avait pas encore appris à les expliquer par le magnétisme. Cette triste ressource était réservée à notre époque. Les pharisiens cherchaient à persuader au peuple que Jésus avait appris la magie pendant son séjour en Égypte, et qu’il l’en avait rapportée par le moyen

d'une incision faite dans sa chair, comme on le lit en plusieurs endroits du Talmud.

Notre-Seigneur tourne cette accusation contre les disciples de ces pharisiens qui étaient en opposition directe avec les anciennes écoles de prophètes fondées par Élie. Flavius Josèphe nous raconte effectivement ( Antiq vin, h, v) qu’il y avait de son temps des magiciens juifs, et que l’un d’eux, nommé Éléazar, qu’il avait connu luimême , donna des preuves remarquables de son art mystérieux en présence de l’empereur Vespasien , de ses fils et de toute l’armée romaine, à peu près comme l’avaient fait autrefois les mages d’Égypte sous les yeux de Pharaon et de Moïse. Il tenait, par exemple, sous le nez des pythoniciens qu’il avait à son service un anneau renfermant une racine enchantée; et au même instant ces hommes s’affaissaient et tombaient. Mais le démon , sur son commandement, passait du corps de ces possédés dans un vase d’eau qui était là tout près, le renversait et faisait mille autres tours de cette sorte.

C’est contre ces hommes que Jésus -Christ dirige ses paroles, leur reprochant d’être eux- mêmes les esclaves des puissances aveugles de la nature, et, en conjurant un démon d’en faire venir sept autres, d’empirer ainsi les choses au lieu de les améliorer. 11 est remarquable , au reste, que, d’après l’aveu de l’historien juif lui-même, quoiqu’ils fissent leurs conjurations au nom de Salomon, qui, disaient-ils, avait appris de Dieu cette science, leurs formules n’avaient plus la même vertu que celle de ce grand roi. Les païens aussi avaient leurs conjurations, et les rabbins nous apprennent eux-mêmes la manière dont ils faisaient leurs exorcismes. Nous lisons, en effet, dans

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