LA FÊTE DES TABERNACLES A JÉRUSALEM
la terre. Le huitième jour on immolait un taureau et sept agneaux. Le prêtre qui faisait la cérémonie était choisi par le sort. Pendant toute la semaine le peuple allait chaque jour en procession autour de l’autel, chantant des psaumes , portant à la main des branches de palmier, de myrte, avec le fruit d’une sorte de figuier qu’on appelait pomme de paradis, en souvenir de la première chute. Les petits enfants eux-mêmes faisaient partie de la procession. Lorsqu’on chantait l'Alleluia, tous élevaient en l’air ces branches et les agitaient avec bruit. Le huitième jour était une fête toute spéciale * et réservée seulement au peuple juif, qui se rendait en foule au temple. Aussi ce jour est-il appelé dans le Lévitique la fête de l’Assemblée , le jour saint et glorieux. Les talmudistes l’appellent le dernier grand jour, le dernier jour bon et joyeux, le grand hosanna. Cet usage a passé chez nous au dimanche des Rameaux ; et de même que nous conservons toute l’année les palmes qui ont été bénies en ce jour, ainsi les Juifs gardaient les lulabim ou branches d’arbre de la fête des Tabernacles. Ils les attachaient avec des fils d’or ou d’argent, et les prenaient avec eux quand iis visitaient les malades ou quand ils allaient au temple.
Pendant les huit jours, un prêtre choisi pour cela allait chaque jour, après le sacrifice du matin, à la source de Siloé puiser dans un vase d’or trois mesures d’eau ; puis, partant de là en grande cérémonie, il passait par la porte d’eau, par laquelle Jésus-Christ fit aussi son entrée triomphale. Là il était reçu au son des trompettes, et retournait au temple. 11 montait à l’autel , et vernit l’eau de la coupe d’or dans un vaisseau d’argent qui était à l’est, tandis qu’à l’ouest était une coupe d’argent où il
y avait du vin. Il versait de l’eau dans le vin et du vin dans l’eau, et offrait ainsi des libations au Seigneur. Pendant ce temps-là le peuple assemblé chantait ces paroles du prophète Isaïe : « Vous puiserez avec joie de l’eau des sources du salut. » Cette cérémonie devait rappeler aux Juifs l’eau miraculeuse que Dieu leur avait donnée dans le désert et les bénédictions de la pluie du ciel , mais surtout, comme le déclare le Talmud , l’effusion du Saint- Esprit qui devait avoir lieu au temps du Messie. Les libations de vin se rapportaient à la vendange qui venait de se terminer. Ces usages frappèrent même les païens, qui, trompés par une certaine analogie, crurent y reconnaître les fêtes de leur Bacchus. On peut consulter à ce sujet Plutarque dans son Symposion , livre IV , 5 . C’est probablement en voyant arriver la procession du prêtre avec l’eau sainte que le Sauveur dit au peuple : « Que celui qui <c a soif vienne à moi , » se déclarant ainsi la source du salut dont Isaïe avait parlé.
« Or beaucoup parmi le peuple, entendant ses discours, u disaient : C’est vraiment le prophète. D’autres disaient: « C’est le Christ. Quelques-uns disaient, au contraire : Le « Christ viendra-t-il donc de Galilée? Quelques-uns d’entre « eux avaient envie de le prendre; cependant personne « ne mit la main sur lui. Les archers retournèrent donc « vers les princes des prêtres et les pharisiens; et ceux-ci « leur ayant dit : Pourquoi ne l’avez- vous pas amené? les « archers répondirent : Jamais homme n’a parlé comme « cet homme-là. Les pharisiens leur dirent : Êtes-vous « séduits aussi, vous? Il n’y a parmi les sénateurs et les a pharisiens pas un seul homme qui croie en lui. Quant « au peuple, qui ne comprend rien à la loi, il est incor-