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CHAPITRE XIX

Suite du même sujet.

Esdras apparaît dans l’horizon comme un second Moïse. C'est lui qui introduit de nouveau la race d’ Abraham dans la terre promise. C’est lui qui, d’après le récit des rabbins, fonda en Israël le grand sanhédrin ou la grande synagogue, composée de quatre-vingts docteurs, et qui rétablit la thora , comme aussi le Talmud et la Cabale, c’està-dire la Bible avec la tradition qui l’explique, telle que Dieu l'avait révélée à Adam, à Abraham et à Moïse. C’est lui qui, de concert avec Néhémie, recueillit les livres saints de l’Ancien Testament qui avaient été dispersés dans la captivité de Babylone, complétant avec le secours de la tradition orale et de T inspiration divine ce qui s’était perdu, et mettant les saintes Écritures sous la forme et dans l’ordre où nous les possédons maintenant. Aussi estil considéré, et par les Juifs et par les chrétiens, comme le restaurateur du canon de l’Ancien Testament et de l’Église mosaïque. C’est à lui que les Juifs rapportaient toutes les institutions qui les avaient gouvernés pendant la durée du second temple. Ils le nommaient même leur second législateur, et disaient de lui qu’il aurait mérité d’être le premier, si Moïse ne l’avait précédé. C’est lui qui a prescrit entre autres choses les dix-huit prières qu’ils doivent réciter chaque jour, jusqu’à ce que, sous la judicature suprême de Gamaliel , le R. Samuel Katon en eut ajouté une dix-neuvième contre les chrétiens. Plusieurs livres recueillis par Esdras, et don la canonicilé nous est d’ail-

leurs tout à fait inconnue, ne sont point parvenus jusqu’à nous. Tels sont, outre quelques livres des prophètes et les livres de Salomon sur F histoire naturelle, le livre héroïque intitulé les Guerres du Seigneur , et un autre pour titre : le Livre des justes, ou Ton décrit d’une manière plus détaillée la sortie triomphante d’Égypte, le passage à travers le désert, l’histoire de la guerre de sept ans dans le pays de Chanaan, avec les victoires de Josué et de ses héros.

Ce qui, dans les écrits de Moïse, est l’ouvrage d’une plume postérieure, comme par exemple la généalogie d’Édom, dans la Genèse (xxxvi, 31), généalogie qui est continuée jusqu’au roi Saiil ; comme aussi les noms de villes plus nouveaux qui se rencontrent ça et là, tout cela est de la main d’Esdras, à qui les Juifs doivent également l’introduction des caractères assvrio-chaldaïques ou de l’écriture carrée, à la place de l’écriture cursive et phénicienne, que les Samaritains conservèrent. Tertullien, saint Irénée, saint Chrysostonie et d’autres Pères agrandissent encore la merveille, en prétendant qu’Esdras a rétabli mot à mot, par l’inspiration divine, tels qu’ils étaient auparavant, les livres saints qui avaient été brûlés. Cependant, d’après la tradition des Juifs postérieurs, ce ne fut que plus tard, et sous Onias, qui mourut deux cent quatre-vingt-douze ans avant Jésus-Christ, que le canon hébraïque commencé par Esdras fut terminé.

Esdras est donc le second législateur de son peuple , qu’il tira comme le premier de la captivité d’Égvpte, précisément à l’époque où les païens venaient de trouver en Socrate un nouveau prophète, qui leur annonçait qu’un Dieu allait descendre du ciel sur la terre. 11 méritait donc bien que le commencement des soixante-dix semaines prit

date du jour où il sortit avec les Israélites de Babylone , alors capitale du monde. La publication de l'édit qui permettait la reconstruction de Jérusalem date donc du jour où Ion commença à rebâtir le temple détruit. C’est alors que commencèrent les soixante-dix semaines de Daniel ; elles continuent jusqu’au jour où furent achevés, non-seulement le temple, mais encore Jérusalem la ville sainte, et avec elle FÉtat, Tordre et tout ce qui le constitue.

Les premiers travaux faits sous Zorobabel n’étaient en gaelque sorte que des préparatifs et des essais. Il fallait combattre les peuples des environs et leurs chefs. Les travaux furent encore suspendus sous Cvrus. Cambyse et son successeur Smerdis ou Assuérus et Artaxercès, comme la Bible les nomme, défendirent expressément de les continuer, avant même qu’on eût encore posé la première pierre du temple. H est vrai que la première année de Darius, et après le second départ de Babylone sous le même Zorobabel, on obtint de nouveau la permission de reprendre les travaux, et qu’on bâtit les murs du temple sur les exhortations du prophète Aggée, malgré l’opposition desChutéens. Mais les rues et les murs de la ville étaient toujours en ruine, et les portes avaient été consumées par les flammes. Toutes ces ruines ne furent réparées que sou s Esdras, après le troisième retour de la captivité. L’édit qui permet la reconstruction de Jérusalem date donc du retour des Juifs sous Esdras, dans la septième année du roi Artaxercès. Et comme ce prince a commencé de régner Fan 465 avant Jésus-Christ et 289 de Home, le commencement des soixante-dix semaines ou des quatre cent quatre-vingt-dix ans date de Fan 458 avant Jésus-Christ ou 296 de Rome.

Or ce point de temps est un des plus signalés de l’histoire. Car, selon Josèphe, depuis la création du monde jusqu’à celte époque s’étaient écoulées cinq mille années cycliques ou sacerdotales composées de deux cent soixantetreize jours , ce qui fait trois mille sept cent quarante années solaires. Et d’après une chronologie indienne , le troisième âge du monde a dû finir l’an 3762 de la création. Sept fois s’était accompli le cycle luni-solaire d’une signification si profonde , composée de dix-neuf fois vingthuit ans ou de cinq cent trente-deux ans. De môme encore, le monde avait vu passer sept périodes de Phénix de cinq cent quarante années lunaires, ou quarante- neuf mille cours de la lune , et soixante-seize jubilés de quarante-neuf années solaires chacun : juste autant que la généalogie de Jésus -Christ compte de générations. Dix semaines jubilaires, ou quatre cent quatre-vingt-dix ans restaient encore jusqu’à la fin de l’époque du Messie , et jusqu'à la rédemption du monde par sa mort.

Mais cette période se subdivise de nouveau en trois autres qui comprennent, l’une le rétablissement, l’autre la durée, et la troisième la fin de l’ancienne alliance et le commencement de la nouvelle. Les deux premiers groupes de cette chronologie prophétique sont sept semaines et soixante-deux semaines. Les sept semaines commencent avec la publication de l’édit d'Àrtaxercès. « Et les rues et « les murs seront rebâtis de nouveau dans un temps d’an- « goisses. » Or depuis la reconstruction du temple sur le mont Moria, et le rétablissement de l’ordre par Esdras , quatre cent cinquante-huit ans avant Jésus-Christ, jusqu’à l’entier achèvement des murs et des rues, des portes et des tours et des quartiers de la ville autour du temple, ou

jusqu’au dernier retour de Néhémie , il s’était écoulé quarante-neuf ans. Car ce prophète avait été envoyé de nouveau en Perse, douze ans après sa première mission dans ce pays. 11 revint donc pour la seconde fois à Jérusalem vers Tan *H0 avant Jésus-Christ. Et c’est ainsi que fut accomplie la restauration de l’État et de l’Église judaïques.

Ce sont là les sept semaines de la première période de la reconstruction de Jérusalem, période pleine d’angoisse, où les Juifs bâtissaient d’une main, et tenaient de l’autre l'épée pour se défendre contre les incursions des peuples voisins. Nous avons encore soixante-deux semaines pendant lesquelles a duré le service du Seigneur nouvellement organisé: ce qui nous donne un total de soixante-neuf semaines ou quatre cent quatre-vingt-trois ans, depuis l’envoi d’Esdras et le renouvellement de l’alliance jusqu’à sa confirmation. Or le dernier sceau fut mis à cette alliance, et les prophéties furent accomplies, lorsque le nouvel Élic parut pour préparer les voies au Messie. Cet Élie , c’est Jean le précurseur , dont il est dit dans l’Évangile . « La loi et les o prophètes vont jusqu’à Jean : à partir de là l’Évan- « gile du royaume de Dieu est annoncé. » (Luc, xvi 16.)

H est remarquable que jamais les Juifs ne dirent à Jésus-Christ : « Le temps où le Messie doit venir n’est pas « encore arrivé; » mais ils l’attendaient conformément aux prophètes, et plusieurs même crurent que Jean était le Messie. Si Judas de Gamala et Theudas purent se faire reconnaître comme tels, c’était assurément parce que tous croyaient que les temps prédits étaient accomplis. Mais Jésus était trop pauvre, et paraissait trop misérable à ce peuple matériel et grossier; et ce qu’ils lui reprochaient , c’était d’être un Galiléen et le fils d’un charpentier.

« Pendant une semaine (c’est-à-dire dans la soixante- « dixième ou la dernière) il confirmera l’alliance pour plu- « sieurs. Après les soixante-deux semaines, le Messie sera « mis à mort, et dans le milieu de la semaine les victimes « et les sacrifices cesseront , et l’abomination de la déso- « lation sera dans le temple. » Cette alliance c’est celle que Dieu a contractée avec l’humanité ; d’abord avec Adam dans l’Église primitive, au seuil même du paradis terrestre; puis avec Noé, la seconde tige du genre humain , au pied du mont Ararat; ensuite avec les patriarches. Moïse et les prophètes. Mais c’est surtout cette alliance bien plus intime qu’il a contractée avec nous par Jésus- Christ dans l’Incarnation. Chacune de ces alliances est précédée par une rupture de l’alliance antérieure de la part de l’homme, et par un grand jugement de la part de Dieu. Ce jugement, nous le voyons accompli, après la chute d’Adam, par le chérubin portant une épée flamboyante à la porte du paradis. Plus tard, lorsque la mesure des péchés du monde est comblée, le jugement de Dieu s’accomplit dans le déluge qui ensevelit la terre et détruit le genre humain. Enfin, dans la plénitude des temps, le jugement de Dieu s’exécute sur le Calvaire par la mort sanglante de l’Homme-Dieu. Le genre humain, considéré de ce point de vue, est donc aujourd’hui dans le troisième âge du monde ; et l’humanité se présente à nos regards comme un vaste dôme, composé de trois nefs. La première, enfoncée sous la terre, et s’appuyant immédiatement sur elle, représente l’époque et l’Église antédiluviennes, dont les fondements étaient, pour ainsi dire, communs avec ceux de la nature. La nef intermédiaire représente l’Église de l'antiquité, dont Jérusalem était le centre; mais le choeur

ou la nef supérieure, c’est l’Église chrétienne, dont Pierre est le chef, et qui s’élève sur les fondements des deux autres. C’est ainsi que l’architecture gothique nous représente ces trois alliances et ces trois Églises, dont chacune aeu son apocalypse et son prophète : Hénoch, qui prédit le déluge, pour la première, Daniel pour la secondent Jean pour la troisième.

Le Messie ayant paru et annoncé l’Évangile après les soixante -deux semaines, l’ancienne alliance mosaïque a été abrogée et remplacée par la nouvelle. Celle - ci a été scellée et confirmée au milieu de cette dernière semaine , c’est-à-dire, après trois ans et demi, par le sang du Crucifié. Le péché a été effacé , les prophéties accomplies et la justice rétablie sur la terre. « Au milieu de la semaine * cesseront les sacrifices et les victimes : » c’est-à-dire que le culte sy mbolique sera détruit par la mort de l’Agneau sans tache, et fera place au sacrifice réel qui est offert tous les jours encore d’une manière non sanglante sur les autels de la nouvelle alliance.

Au milieu de la semaine est entrée dans le temple l’ abomination de la désolation dont parle le prophète, lorsqu’à la mort de Jésus le rideau du sanctuaire se déchira, et que le Saint des saints fut profané. Aussi à la vue du crime des Juifs déicides, et de la réprobation que ce crime attira sur eux et sur Jérusalem, Daniel jette aussitôt les regards sur l’accomplissement du jugement de Dieu. Il voit Jérusalem et le temple renversés et détruits par le peuple romain sous la conduite de Titus. Celte vision avait déjà été montrée à Balaam, lorsqu’il dit au ch. xxiv des Nom très : a Ils viennent de l’Italie sur des vaisseaux ; ilsdomp- ■ tent Assur et anéantissent le peuple des Hébreux ; puis « ils disparaissent eux-mêmes. »

« Mais la fin sera l'anéantissement, et la destruction per- « sévèrera après la fin de la guerre. L’abomination de la « désolation sera dans le temple , et la désolation durera « jusqu’à la fin des jours. » Cet oracle s’est accompli d’une manière merveilleuse et terrible aux veux du monde, lorsque, trois siècles après la destruction de Jérusalem, Julien l’Apostat, dès le commencement de son règne, l’an 363, voulant se moquer et des prophéties et des chrétiens, commanda de rebâtir le temple mosaïque. Les Juifs sc mirent à l’œuvre avec un grand zèle; mais des globes de feu étaient lancés du haut du ciel et faisaient fondre le fer dont se servaient les ouvriers, des tremblements de terre ébranlaient les fondements, des flammes s’élevant de la terre engloutirent plusieurs fois les ouvriers; de sorte que, ce lieu étant devenu inaccessible, on fut obligé de renoncer à l’entreprise , après avoir essayé jusqu’à trois fois, sous Adrien, Constantin et Julien, de convaincre Dieu et ses prophètes de mensonges. A la troisième fois, sous Julien, la leçon, ayant été plus terrible, porta ses fruits, et le souvenir de cet événement nous a été conservé par Ammien Marcellin lui-même, auteur païen ; et les chroniques juives n’ont osé le révoquer en doute. Aussi les partisans du Sohar croient encore aujourd’hui que Jérusalem ne sera plus jamais rebâtie.

Au reste, l’histoire ecclésiastique des premiers siècles ne prouve que trop jusqu’à quel point tes oracles de l’ancien monde furent accomplis avec la mort de Jésus. Tour ce qui concerne l’abomination dans le lieu saint, Josèphc (de Belle, 6) et Tacite (Ilist., 5, 13) nous apprennent que peu de temps avant la ruine de Jérusalem, lorsque les horreurs de la désolation approchaient déjà du sanctuaire.

op entendit une grande multitude de voix crier : « Sortons d'ici, sortons d'ici î » annonçant de celte manière que Dieu abandonnait à jamais le peuple juif. Quant aux oracles païens, Plutarque nous a laissé un livre sur la Cessation des oracles j écrit précisément vers cette époque, et où il se plaint que les oracles ne se faisaient plus entendre. Celui d'Apollon à Delphes avait déjà cessé du temps de Cicéron, et un grand nombre de ces oracles déclarèrent eux-mêmes que Jésus le cruciûé , ou même que la simple présence d'un chrétien les réduisait en silence.

Il en fut des mystères anciens comme des oracles : car le Dieu sauveur, dont Jupiter, Apollon, Neptune et Dionysus, Asclépias et Héraclès n'avaient porté le nom que d'une manière symbolique; le Dieu sauveur, le Dieu des temps nouveaux, annoncé depuis longtemps sous des noms divers, le Dieu inconnu, le vrai Sauveur, avait enfin paru dans le Christ Jésus. Le paganisme avait fini, et l’avenir si consalant dont l’espérance avait réjoui nos pères était devenu présent.

Tel est le sens de la sublime prophétie de Daniel , que les philosophes modernes, afin de pouvoir se débarrasser de Jésus-Christ, ont osé appliquer à Antiochus Épiphane, qui profana et désola le sanctuaire pendant trois ans et demi. Mais le même prophète parle très-distinctement de cette profanation dans une vision particulière (ch. vm). Si d'ailleurs on plaçait la fin des soixante - dix années à l’an t<>8 avant Jésus-Christ, qui est l’époque où le sanctuaire fut ravagé, l'espace de temps qui se serait écoulé entre cette époque et le commencement des soixante-dix semaines ne counprendait que soixante-trois semaines d’années. Que faire des sept autres qui restent sans emploi et

sans but? Un savant protestant, dans un livre qu’il vient d’écrire sur ce sujet, propose sérieusement de reculer ces sept années, et les événements qui doivent s’y accomplir , jusqu’aux dernières années qui précéderont immédiatement la fin du monde. Voilà à quelles absurdités est condamnée la science qui veut s’élever contre la foi et interpréter à sa façon les prophéties. Au reste , le Christ lui -même a appliqué la prophétie de Daniel à sa propre personne. (Matth., xxiv; Marcxiv; Luc xxu.)Car de même qu’il a usé de patience quatre cent quatre-vingt-dix ans avec son peuple, ainsi nous a-t-il commandé (Matth., xvni, 22) de pardonner sept fois soixante-dix fois à ceux qui nous ont offensés. Les rabbins aussi qui ont interprété la vision de Daniel ont toujours vu dans le fer de la statue le symbole de l’empire romain : et les érudits de nos jours voudraient en savoir plus qu’eux à ce sujet?

Les quatre monarchies, représentées dans le géant que vit Daniel, avaient essayé de résoudre avec l’épée le grand problème qui a été et qui est encore le but de toute l’histoire : à savoir, de ramasser l’humanité tout entière dans une unité parfaite, de rétablir l’empire universel qui avait été dissous à Babylone, et de fonder en même temps une religion universelle comme lui. Auguste , à la fin des quatre âges du monde , s’était présenté au paganisme comme le sauveur attendu ; mais en vain. Ce Sauveur apparut au terme des soixante -dix semaines, pour être la tige d’un nouveau peuple, et il a accompli dans sa personne, jusqu’aux moindres détails, la prophétie de Daniel, de sorte que nos calculs ont toute la force d’une démonstration évidente.

Le cours des soixante-dix semaines de la promesse com-

mence Tannée où fut publié rédit par lequel Artaxercès, roi des Perses, permettait aux Juifs de rebâtir Jérusalem. C'était Tan de Rome 496 (458 avant Tère chrétienne), la septième année du règne d’ Artaxercès, lorsque le peuple juif sortit pour la troisième fois de Babylone sous la conduite d'Esdras. A partir de ce moment, il s’est écoulé d’abord sept semaines, puis soixante-deux semaines, ce qui nous conduit à Tan 25 de J.-C. C’est alors que l’ancienne alliance a été confirmée, que le Saint a été oint et introduit, pour ainsi dire, dans la vie publique par le baptême et sous les yeux de Jean, le dernier et le plus grand des prophètes. Puis, au milieu de la dernière semaine, les sacrifices ont perdu toute leur valeur par sa mort. Celle-ci tombe donc dans la première moitié de Tan de Rome 782 et de l’an 29 de notre ère. Pendant toute la soixante -dixième semaine, c’est-à-dire jusqu’à Tan de Rome 785 et 32 après J.-C., l’abrogation de l’ancienne alliance continue, ainsi que l’admission des prémices du peuple de Dieu dans le royaume du Christ. Car ce peuple , d’après les promesses faites autrefois à ses ancêtres, devait entrer le premier dans le bercail du salut, et être comme les prémices de l’esprit ou de la résurrection.

Mais il fallait que les Gentils entrassent aussi dans ce bercail; et c’est ce qui est arrivé dans la dernière apparition du Christ au grand apôtre Paul sur le chemin de Damas, le 25 janvier de Tan 33 après J.-C. A partir de ce moment, les Juifs ont perdu leur droit d’aînesse et tous ses privilèges; ils ont perdu leur caractère, leur noblesse, leur nationalité. Le temps de répit qui leur avait été donné est écoulé; le Messie est venu, la rédemption a lui sur le monde, et la prophétie des soixante-dix semaines est ac-

complie. Ceci est arrivé par une coïncidence remarquable, au moment où s’accomplissait le deux cent vingt-deuxième cours du cvcle luni-solaire de dix-neuf ans : et c’est de là qu’a pris naissance l’ère de l’Ascension, qui est encore usitée en diverses contrées de l’Orient. Ainsi la prophétie de Daniel, la plus sublime et la plus claire de toutes les prophéties de l’Ancien Testament, s’est accomplie jusqu'au dernier point. Les soixante -dix semaines nous servent non-seulement à préciser l’époque où le divin Médiateur a commencé sa carrière publique, et celle où il est mort, mais encore pour corriger notre chronologie en ce qu'elle a de défectueux. Nous avons donc ici une démonstration à priori que cette chronologie compte cinq années de moins jusqu’au baptême de Jésus. Nous voyons aussi par là pourquoi tant d’écrivains , dans tous les temps , se sont trompés plus ou moins dans le calcul des soixante-dix semaines, relativement à Jcsus-Christ; et pourquoi, d’un autre côté, les vrais chronologistes ont cherche à présenter ces soixante-dix semaines de la prophétie de Daniel comme une grande semaine des étoiles fixes.

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