‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 37 sur 589 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Naissance et éducation de Marie.

A mesure que les Juifs étaient rentrés dans leur patrie, quelques rejetons de la maison royale de David étaient revenus aussi dans la Judée, et s’étaient établis à Bcthléhem sous le nouveau pouvoir qui venait de s’élever. Ils faisaient partie peut-être des cent vingt-trois Bethléhémites quiétaientrenlrés déjà sous Zorobabel. Mais lorsque Hérode monta sur le trône et entreprit d'anéantir toute la maison des Maehabées, qui avait gouverné les Juifs dans les derniers temps, les descendants de la famille royale de David, tombée à peu près dans l’oubli, craignant avec raison la foreur du tyran, s’étaient réfugiés dans la Galilée, située aux limites du royaume; et là, retirés au milieu des montagnes, ils vivaient de leur travail dans la ville de Nazareth. Joseph, père nourricier de Jésus , et Marie étaient nés aussi à Bethléhem. 11 paraît cependant que plusieurs membres de la maison de David étaient restés en captivité, car cent ans avant la destruction de Jérusalem , nous voyons revenir encore Hillel, qui se disait de la famille de Itavid, et que les Juifs honorèrent au point de le nommer prince d’Israël et président du sanhédrin.

Environ dix ans plus lard, vers le temps où le prince iduméen élevait le nouveau temple à Jérusalem , une jeune fille de l’ancienne race des rois de Judée naissait à Nazareth. C’était Mirjam ou Marie, c’est-à-dire la maitresse, ou YÉtoile de la mer. Elle descendait de David par Eli, son père, fils de Mattath. Par Anne, sa mère, elle descendait d’Aaron, et était de ce côté parente d’Élisabeth. Elle était née le 8 septembre de l’an 733 , et vingt et un ans avant l’ère chrétienne. D’après les calculs de quelques astronomes, c’était en ce jour que, deux mille cinq cent vingt et un ans auparavant, Noé était sorti de l’arche, et avait posé le pied sur la terre purifiée par le déluge. Les deux Talmuds eux-mêmes conviennent que Marie descendait d’Éli, et que Jésus était de sang royal. Bien plus, les Juifs prétendent que Notre -Seigneur, descendant d’un côté de la tribu de Lévi, avait voulu se faire recevoir parmi les prêtres juifs, mais que cette faveur lui ayant été refusée, il s’était mis à publier une nouvelle doctrine , à fonder un nouveau sacerdoce, et avait entraîné le peuple d’Israël au culte de Mercure.

Comme Zacharie était encore sans enfant , il avait pris un soin particulier des membres de sa famille, et la sainte Vierge avait été élevée sous ses yeux à Jérusalem dans le temple. Les livres de Moïse font déjà mention de certaines diaconesses vivant dans le temple, qui, au rapport de Josèphe, étaient en assez grand nombre, et servaient le Seigneur devant la porte du tabernacle, après s’être consacrées à lui par le vœu de chasteté. ( Exod., xxxvm, 8 ; — Jud., xi, 39; — I liv. des Rois, n, 22.) Chaque éphémérie, ou chaque tour de semaine, avait à Jérusalem sa réunion de prêtres, de lévites et d’anciens, qui, représentant tout

LfeS FIANÇAILLES.

le peuple d’Israël devant le Seigneur, formaient une association perpétuelle de prières ou comme une confrérie spirituelle. Ils jeûnaient quatre jours dans la semaine , toutes les fois que leur tour de service au temple revenait. C’est au milieu de cet entourage que fut élevée dans le service du temple la mère de notre divin Sauveur.

Les Juifs n’étaient pas le seul peuple qui eût des vierges consacrées au culte du Seigneur. Nous retrouvons la même institution chez presque tous les peuples de l’antiquité. Les Romains avaient leurs vestales, les Grecs et les Égyptiens leurs pythies et leurs prêtresses d’Isis; les Indiens leurs dévadàsis, qui étaient élevées dès la jeunesse dans les temples ; les Germains leurs prêtresses, qui étaient en même temps prophétesses ou sibylles.

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