‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 393 sur 589 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

Ecce horao.

« Or, après qu’ils l’eurent tourné en dérision , Pilate a sortit encore une fois et dit : Je vais vous l’amener pour « que vous le voyiez; encore une fois, je ne trouve rien « de répréhensible en lui. Jésus parut donc, portant « la couronne d’épines et un manteau d’écarlate ; et « Pilate leur dit : Voici l’homme. Les princes des prêtres « et les sergents , le voyant , crièrent : Cruciflez-le , crua ciüez-le. Pilate répondit : Prenez-le, vous, et cruciflez- « le, car je ne trouve en lui aucun crime. Les Juifs a répondirent alors : Nous avons une loi , et d’après elle « il doit mourir, car il s’est donné pour le Fils de Dieu. a A ces paroles, Pilate se trouva dans un plus grand em* « barras encore. 11 rentra donc dans le tribunal , et dit

« à Jésus: D’où êtes-vous? Mais Jésus ne lui donna au- « cune réponse. Pilate lui dit alors : Vous ne me réponde! a pas? ne savez-vous pas que j’ai le pouvoir de vous crna cifier et celui de vous relâcher ? Jésus répondit : Vous a n’auriez aucun pouvoir sur moi, s'il ne vous avait été « donné d’en haut. C’est pour cela que celui qui m'a livré « à vous est plus coupable que vous. A partir de ce mort ment, Pilate fut décidé à le relâcher; mais les Juifs « crièrent : Si vous le relâchez , vous n’êles pas P a mi a de César; car celui qui se donne pour roi se révolte « contre César. »

La Syrie, et avec elle la Palestine, était une province impériale: c’est-à-dire qu’étant moins sûre, elle était soumise immédiatement à l’empereur, qui y envoyait de son propre chef ses légats pour l’administrer en son nom. Ami de César était le titre honorifique des légats impériaux, des préfets et des gouverneurs, ainsi que des princes alliés de l’empire romain. Auguste voulut même une fois ôter ce titre au roi Hérode, dont il était mécontent. Par ces paroles : « Si vous le relâchez, vous n’êtes plus Pami « de César, » les Juifs faisaient entrevoir à Pilate la triste perspective d une destitution. Ce ne sont plus maintenant les princes des prêtres, les scribes et les anciens seulement qui demandent la mort de Jésus ; le peuple lui -même s’est mis de la partie : le peuple, qui tout à l’heure était pour lui et dont le grand conseil redoutait les dispositions favorables; le peuple, qui n’avait reçu de lui que des bienfaits et dontil avait plaidé la cause en toute occasion. Mais, hélas! le peuple est toujours le même, dans tous les temps et dans tous les lieux : toujours mobile, inconstant et capricieux dans ses goûts, il n’applaudit que le bonheur et la for-

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