‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 411 sur 589 · LES SEPT PAROLES DE XOTHE- SEIGNEUR · texte numérisé non relu

LES SEPT PAROLES DE XOTHE- SEIGNEUR

étaient situés, croyait-on, vis-à-vis des sept portes de l'enfer : ils étaient partagés aussi en sept demeures, destinées, l’une aux saints d’Israël, l’autre aux patriarches ou aux prophètes, etc., selon les degrés de perfection de chacun. Dans la cinquième demeure, le Messie, le premier-né de toute créature, reposait dans le sein d’Élie, qui devait le réveiller lorsque l’heure de la rédemption serait arrivée. Chaque jour de sabbat ou de fête , les âmes des justes devaient s’élever du lieu de la purification au palais de 1* Éternel, afin d’y contempler de loin pendant la fête l’éclat de la majesté divine. Ce paradis, que Noire-Seigneur promet au bon larron , c’est ce que nous appelons les limbes, qui étaient comme le vestibule du ciel , et où il devait descendre après sa mort, afin d’annoncer leur prochaine délivrance aux âmes qui y attendaient depuis tant de siècles son arrivée.

Mais si d’un côté la perversité humaine était représentée d’une manière si ignoble sur la croix , la vertu y avait aussi ses représentants. En effet, « debout près de la croix « étaient plusieurs femmes qui l’avaient suivi de Galilée, « comme diaconesses. Parmi celles-ci se trouvaient aussi u sa mère, la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléo- « phas , la mère de Jacques le Mineur et de Joseph , « Salomé, la mère des fils de Zébédée, Marie-Madeleine, « et plusieurs autres encore qui étaient venues à Jérusalem a avec lui. Jésus ayant vu sa mère, et debout près d’elle « le disciple qu’il aimait , il dit à sa mère : Femme, voici « votre fils. Puis au disciple : Voici votre mère. Et depuis « cette heure le disciple la prit chez lui. » Attaché à la croix, et près de rendre le dernier soupir, Notre-Seigneur fait son testament, et recommande sa mère à son disciple

chéri. 11 laisse à celui qu'il aime le plus la meilleure part

de son héritage. Chez les Hébreux, les enfants et les héri-

tiers devaient donner un douaire à la veuve du défunt, et subvenir à ses besoins. C’était ce qu’avait fait Jésus depuis la mort de Joseph , son père nourricier. Mais obligé de se séparer de sa mère , il choisit saint Jean pour le remplacer et pour lui tenir lieu de fils. C’était aussi le dernier adieu qu’il adressait à sa mère, dont le cœur en ce moment était transpercé par ce glaive de douleur que lui avait annoncé au jour de sa purification le saint vieillard Siméon. Noémi, une des aïeules du Christ, retournant dans son pa^s , après avoir perdu son mari et ses fils , disait aux femmes de Bethlehem : « Ne m’appelez plus a Noëmi , c’est-à-dire la belle , mais appelez-moi Mara , a c’est-à-dire amère , parce que le Tout-Puissant m’inonde « d’angoisses. » Marie pouvait bien dire aussi au pied de la croix : Ne m'appelez plus maîtresse ni mère du Seigneur, mais appelez-moi mère des douleurs. La sainte Vierge avait alors quarante-neuf ans, puisque, d’après la tradition générale, elle avait conçu le Sauveur dans sa quatorzième année, tandis que Jean, d'après la lettre prétendue d’Évode, était alors âgé de vingt- quatre ans. Et, d’après une tradition reposant sur le témoignage de ce même Évode , disciple de Pierre, Marie vécut encore onze ans près de Jean , et mourut à l’âge de soixante ans , la même année que Pilate. Saint Jean , son fils adoptif , l’ensevelit au pied du mont des Oliviers; puis, après la mort de Jacques , son frère , et la dispersion des apôtres, il se retira à Éphèse. Cette tradition est consignée dans l’histoire ecclésiastique de Nicéphore Calliste (h, 3 ) , qui l’avait tirée lui-même de la bibliothèque de Sainle-Sophie.

Page 1