JÉSUS EST DÉPOSÉ DE LA CHOIX
les criminels avaient été lapidés, ou pendus, ou décapités. On jetait même la plume avec laquelle on avait écrit la sentence, comme cela se fait encore en certains pays de V Allemagne, parce que tous ces instruments de mort étaient aux yeux du peuple chargés de malédiction. Nous avons, relativement à celte coutume, le témoignage exprès du Talmud ( Sanhéd. , f. xxxlv, 2) ; et elle répond à ceux qui prétendent que la découverte des croix par sainte Hélène est une pieuse supercherie. « Joseph s'en alla donc, muni « de cette autorisation , acheta de la toile et emporta le a corps de Jésus. Nicodème, qui était venu dès le com- « mencement à Jésus, arriva aussi, apportant un mélange a de myrrhe et d'aloès d* environ cent livres. » Cette quantité de parfums parait excessive pour embaumer un seul corps. Peut-être n’est-ce pas le poids, mais le prix qui est désigné ici. Et en effet le mot grec dont se sert l’Évangile est encore employé aujourd’hui par les Juifs comme monnaie dans leurs lettres de mariage, lorsqu’il s'agit de déterminer la dot. Au reste, nous ne devons pas trop nous étonner de celte profusion, car elle n’était pas sans exemple chez les Juifs. Ainsi nous lisons qu’Onkelos le targumiste brûla soixante-douze livres d’encens au convoi funèbre de Gamaiiel. Nous lisons aussi au second livre des Rois qu’après la mort d’Asa, roi de Juda, on le mit sur un lit tout plein de parfums précieux qui étaient préparés avec
un art admirable. Et Josèpbe nous raconte qu’à la sépulture d’Hérode son corps était suivi de 500 esclaves et
affranchis qui portaient des parfums.