‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 447 sur 589 · CHAPITRE LXXYII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXYII

L’Ascension.

Lorsque les jours de sa glorification furent arrivés, « il

« parut une dernière fois encore à ses apôtres, auxquels

« il avait déjà donné tant de preuves de sa résurrection ,

« s’étant manifesté à eux pendant quarante jours, et les

« entretenant du rovaume de Dieu. » La fête de la Pen-

leeôte approchait, et les apôtres étaient obligés par la loi de revenir à Jérusalem. C’est ici que le Seigneur leur apparut pour la dernière fois, « Lorsqu’il les eut donc a réunis, il leur ordonna de ne point sortir de Jérusalem, « mais d’y attendre la promesse du Père, que vous avez, « dit-il, entendue de ma bouche. Vous* en êtes témoins « maintenant; et voici quejè vais vous envoyer d’en haut u la promesse de mon Père. Restez donc dans la ville « jusqu’à ce que vous soyez remplis de la vertu d’en « haut. Car Jean a baptisé dans l’eau ; mais vous serez <( baptisés dans peu de jours avec le Saint-Esprit. Ceux « qui étaient assemblés lui demandèrent : Seigneur, allez- « vous rétablir maintenant le royaume d’Israël? » Ils croyaient qu’il allait ramener les dix tribus, et rétablir ainsi le trône de David. « Mais il leur répondit : Ce n’est « point à vous de savoir le temps ni l’heure que le Père a « déterminés dans sa puissance. Vous recevrez la vertu « du Saint-Esprit, qui descendra sur vous, et vous serez « mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, et la m Samarie , et jusqu’aux confins de la terre. Si quel- « qu'un d'Israël se convertit et croit en Dieu dans mon

a nom, ses péchés lui seront pardonnés. Pour vous, das* ; a douze ans d'ici, allez dans tout l’univers, afin qat « personne ne dise : Nous n'avons rien entendu de m ■ « choses. » Ces dernières paroles sont citées par CléœcM ; d’Alexandrie comme fragment d’un discours de N’otre-Sa- | gneur, conservé par saint Pierre ; et Eusèbe confirme scs» I ce rapport le témoignage de Clément.

a Après qu’il eut dit cela, et qu’il leur eut donné ses « ordres relativement au Saint-Esprit, il les emmena ca « côté de Béthanie sur le mont des Oliviers. » Il les coaduisit à moitié côte, là ou passe le chemin de Béthanie.

De là , comme Moïse du haut du mont Nébo, il jeta un dernier regard sur la terre promise. Sa pensée embrassa eu ce moment l’Europe et les autres pays de la terre où Ê allait envoyer ses apôtres pour prêcher sa doctrine. La tradition rapporte que ceci se passait en plein midi. • C « éleva ses mains et les bénit en disant : Toute puissance a m’a été donnée au ciel et sur la terre. Ailes donc par « tout le monde annoncer à toute créature la joyeuse «( nouvelle : enseignez tous les peuples , et baptisez- les au « nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, et apprend- « leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Celui « qui croit et est baptisé, celui-là sera bienheureux; mais « celui qui ne croit pas sera condamné. Pour ceux qui a croient, voici les signes qui suivront : Ils chasseront les « démons en mon nom : ils parleront des langues étran- « gères ; ils prendront des serpents, et, s’ils boivent quel- « que poison, il ne leur nuira point. Ils imposeront les « mains aux malades, et ceux-ci seront guéris. Et voici « que je suis avec vous jusqu’à la fin du monde. Après ces « paroles, le Seigneur Jésus fut enlevé au ciel ; car pen-

l’ascension.

« dant qu’il les bénissait, il les quitta et fut enlevé du mi- « lieu d’eux. Un nuage le cacha à leurs regards, et il est a maintenant assis à la droite de Dieu. Ainsi s’accomplit « ce qu’il leur avait dit autrefois : qu’ils verraient le Fils a de l’homme monter où il était auparavant. Ils l’ado- « rèrent ; mais comme ils avaient les yeux levés vers le « ciel, où il montait, deux hommes vêtus de blanc leur « apparurent et leur dirent : Hommes de Galilée, pourquoi « restez- vous là à regarder le ciel? Ce Jésus qui est monté « en haut devant vous reviendra un jour comme vous « l’avez vu monter au ciel. Là-dessus ils partirent du mont « des Oliviers, qui est tout près de Jérusalem, de sorte « que la distance ne comprend que le chemin qu’on peut « faire un jour de sabbat , et ils retournèrent tout joyeux « à Jérusalem. »

Tout autour de la ville sainte, et aux quatre points cardinaux, sur les routes de Béthel, de Béthoron et de Jéricho, à une distance d’environ un graud quart de lieue, était plantée la colonne de la banlieue, pour séparer le chemin sacré du profane; et personne ne pouvait, les jours de repos, sortir de la ville en voiture, de peur de dépasser la limite du sabbat. Or le chemin de séparation , du côté de Bethphagé, était précisément au mont des Oliviers, oii le Christ était monté sur un àne pour entrer à Jérusalem. Tout près de là, sur le sommet du mont des Oliviers, était aussi la place d’où il monta au ciel. « Et lorsqu’ils furent <( revenus à la maison, ils montèrent dans une chambre « haute, où ils s'établirent, persévérant unanimement a dans la prière, les apôtres, les femmes, Marie, mère « de Jésus, et ses frères. Ils passaient tout le reste du temps u dans le temple, louant et bénissant Dieu. » Jésus enfant

avait été présenté à Dieu dans le temple quarante jours après sa naissance; quarante jours s’écoulèrent aussi depuis son baptême jusqu’au commencement de sa vie publique, après la tentation; et quarante jours de nouveau, depuis sa résurrection jusqu’à son ascension. Et c’est ainsi que nous voyons tous les noms symboliques et astronomiques concentrés dans la vie de Notre-Seigneur.

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