‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 448 sur 589 · CHAPITRE LXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXVII

Jésus-Christ envoie le Saint-Esprit à ses apôtres. Nouvelle création

par la vertu des sept sacrements.

Cent vingt personnes, et parmi elles dix hommes de loi, étaient regardées comme nécessaires pour former une communauté ecclésiastique ; car cent vingt hommes composèrent la grande synagogue sous Esdras, lorsqu’il rétatablit l’État et le culte chez les Juifs. C’était aussi le nombre des fidèles qui étaient réunis chez les apôtres lorsque le Saint-Esprit descendit sur eux. Sur la proposition de Pierre, leur chef, ils procédèrent à l’élection d’un nouvel apôtre qui devait remplacer Judas. Le sort fut jeté sur Joseph Barsabas, surnommé le Juste, et Mathias de Betbîehem. Tous deux étaient du nombre des soixante -dix disciples qui étaient restés auprès de Jésus pendant tout le temps qu’il avait vécu avec ses apôtres, depuis le baptême de Jean jusqu’à son ascension. Ils consultèrent Celui qui sonde les cœurs, et le sort tomba sur Matthias.

La fête de la Pentecôte, cette année -là, tombait un dimanche, et le 6 sivan ou le 5 juin de l’an 29 de notre

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ère. Or le premier jour de la fête de la Pentecôte, vers la troisième heure du jour, c’est-à-dire vers le temps où Ton otTrait le sacrifice du matin, « comme ils étaient tous « assis ensemble dans la même salle, la maison fut tout « à coup ébranlée; et au milieu d’un grand bruit qui « venait du ciel, semblable au mugissement d’une grande « tempête, l’Esprit descendit d’en haut et se reposa sur a eux sous la forme de langues de feu. » Une autre version porte : « Leurs langues devinrent comme des flammes « de feu. Tous furent pleins du Saint-Esprit, et commen- « cèrent à parler dans des langues étrangères , selon que « le Saint-Esprit les leur mettait dans la bouche. Or il y « avait à Jérusalem des Juifs, des hommes craignant Dieu, « de tous les peuples sous le ciel. Aussitôt la foule s’assemc< bla, plongée dans l’étonnement, car chacun entendait « leurs discours dans sa propre langue. Surpris et épou- « vantés à la fois, ils se disaient les uns aux autres : Ces « hommes qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens? « Comment pouvons -nous les entendre chacun dans « notre langue maternelle? Que veut dire ceci? D’autres, a au contraire, se moquaient en disant: lis ont bu trop « de vin doux. »

La foule sortait du temple, où elle venait d’assister au sacrifice du matin , lorsqu’elle entendit le bruit de voix célestes, vit la maison trembler, des hommes en sortir tout inspirés et leur parler d’une manière miraculeuse. Une flamme sur la tête d’un homme était aux yeux de la plus haute antiquité le signe d’une vocation divine. C’était la première fois que ce phénomène se produisait chez les disciples du Christ; mais il s’est renouvelé plus d’une fois depuis dans l’Église, et particulièrement dans la personne

de saint François de Sales pendant qu’il prêchait. La majesté divine, qui annonçait autrefois par des flammes visibles sa présence au - dessus du Tabernacle, quitta le Saint des saints quelque temps avant la ruine de Jérusalem avec un bruit qui ressemblait à celui de la tempête, comme le rapporte Josèphe. C’est avec l'impétuosité et le bruit de la tempête aussi qu’elle entre aujourd’hui dans la maison des fidèles de la nouvelle alliance. L'ancienne loi avait été donnée ce même jour aux Juifs sur le Sinaï, 1,500 ans auparavant. Le mont Horeb alors avait été ébranlé jusque dans ses fondements et enveloppé de nuages. Pendant que de son sommet sortaient des torrents de flamme et de fumée, Moïse descendit, le visage enflammé, pour proclamer, en présence du peuple d’Israéi, les commandements du Décalogue. Aujourd’hui le mont Sion remplace le Sinaï. Aujourd’hui parmi les mêmes signes est fondée l’Église de la nouvelle alliance. Un nouveau Moïse annonce aux Juifs étonnés la fin de l’ancienne loi , l’accomplissement de toutes les prophéties et la résurrection des corps accomplie dans la personne du Christ, prémices des ressuscités. Le miracle des langues avait eu lieu aussi, d’après la croyance des Juifs, lors de la fondation de l’ancienne alliance. Car les rabbins, s’appuyant sur ces paroles de l’Écriture : « Et tout le peuple et entendit les voix, » croyaient que, lors de la promulgation de la loi, la parole s’était partagée en soixantedouxe langues, de sorte qu’elle pouvait être entendue par toutes les nations de la terre. Mais ce qui n’était chez les Juifs qu’une tradition sans fondement se produisit au commencement de la nouvelle alliance comme une réalité incontestable.

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