JÉSUS-CHRIST ENVOIE LE SAINT-ESPRIT A SES APOTRES
terre l’Église de la nouvelle alliance. Le Saint-Esprit est le principe de la vie surnaturelle. Or la vie de l’Église consiste dans les sept sacrements, qui forment pour elle les sources de la grâce et du salut. Ils étaient représentés dans l’ancienne alliance par les sept lampes du chandelier d’or, et dans l'Apocalypse par les sept yeux de l’agneau, qui signifient les sept manifestations de l’Esprit divin. C’est dans ces fêtes de la Pentecôte que les sacrements ont été pour la première fois donnés aux fidèles comme un présent du ciel. Et dans ces sept jours des fêtes de la Pentecôte, avec la création spirituelle qui s’y accomplit, se reflète cette grande semaine de la création matérielle dont nous parle la Genèse.
La rédemption opérée par le Christ a versé ses divins reflets jusque sur le monde des corps. La terre, reléguée autrefois au fond des espaces et considérée comme un corps à part et indépendant du soleil, a été replacée dans scs vrais rapports par une science plus exacte et plus attentive. Le système de Pythagore, qui regardait la terre comme immobile et faisait tourner le soleil autour d’elle, était généralement admis dans le paganisme, dont toutes les théogonies reposaient sur la même base. C’était la terre qui était la mère souveraine des dieux. C’est d’elle qu’ils étaient montés au ciel ; et jusque dans l’Olympe ils participaient encore aux faiblesses terrestres. C’est la science chrétienne qui, partant d’un point de vue plus élevé et s’appuyant sur des observations plus exactes, proclama l’existence d’un centre plus haut autour duquel se meut l’univers.
Il est vrai que plusieurs parmi les anciens entrevirent celte idée. Déjà Aristote écrivait, dans son livre du Ciel,
h, 13, que, d’après les pythagoriciens, le feu était au milieu du monde , et que c’était en tournant autour de lui , comme une étoile , que la terre engendrait l’année , et ils appelaient ce centre foyer et unité. Mais Diogène- Laërce, Aristarque de Samos et Séleucus enseignèrent très- positivement la rotation annuelle de notre planète autour de Taxe du monde, et proclamèrent que cet univers n’est qu’un point en comparaison des étoiles fixes. Il paraît même que Cléanthe fut accusé devant l’aréopage pour avoir soutenu cette doctrine. Il n’est donc pas étonnant que nous la retrouvions parmi les contemporains du Christ.
Nous avons un témoignage remarquable à ce sujet dans le Sohar, ce livre qui contient, pour ainsi dire, toute la métaphysique et la théosophie des temps antérieurs au christianisme, les plus anciennes traditions des Juifs, les spéculations des rabbins, ce livre inexploré et presque inconnu jusqu’ici, qui, mieux étudié un jour, donnera peut-être naissance à quelque nouvelle secte dans i* Église, mais qui donnera aussi le coup de mort à cette interprétation aride et rationaliste des Écritures que le protestantisme a mise en vogue. Voici donc ce que nous lisons dans le Sohar , qui cite lui-même ce passage comme étant tiré d’un ouvrage plus ancien. « Dans le livre du R. Ha- « menuna, il est dit que toute la terre tourne en cercle « comme une boule; de sorte que, parmi ses habitants, « les uns sont en bas, et les autres en haut. Toutes les « créatures sont différentes selon la diversité du climat, « conformément au lieu qu'habite chacune d’elles. Il « arrive aussi sur la terre que , lorsque le jour luit pour « les uns, les autres ont la nuit; et lorsque ceux-ci ont
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« le jour, il fait nuit chez les premiers. 11 y a même un u lieu où le jour dure toujours, et où la nuit n’a qu’une « petite heure. » Ce qui est dit ici de la rotation de la terre, des antipodes et des cercles polaires se trouve déjà indiqué par l’astronome indien Brahmagupta. Et le grand cardinal Nicolas de Cuse a pressenti, par une sorte d’instinct supérieur, et soutenu cette opinion.
Lorsque le système de Copernic s’est établi dans le monde savant, bien loin d’être eu contradiction avec la Bible et le christianisme, il faisait pénétrer au contraire la pensée chrétienne dans la physique, restée païenne jusque-là, en plaçant dans une sphère supérieure le centre de la terre, en tirant pour ainsi dire celle-ci de l’isolement où l’on avait cru qu’elle était, et en la rattachant au système entier des mondes qui roulent dans l’espace. Car, pendant qu elle accomplit chaque année sa rotation autour du soleil, celui-ci accomplit la sienne, dans une période de temps qui nous est inconnue , autour d’un centre plus élevé encore, lequel se rattache lui-même à un système plus vaste et plus haut. Et ainsi, l’armée tout entière des lunes, des terres, des soleils, des comètes et des étoiles fixes se meut avec une harmonie merveilleuse autour de la Divinité, soleil suprême des intelligences et des corps. Dans ce système, la racine ou le principe n’est plus en bas; il est en haut. C’est le ciel qui donne la loi et imprime le mouvement, et c’est la terre qui reçoit l’un et l’autre. La terre , simple planète , ne peut plus se faire passer pour un soleil, ni garder la position centrale que lui avait donnée une science inexacte. Aussi, par une certaine analogie mystérieuse, le dimanche, qui, dans la langue de plusieurs peuples , s’appelle le jour du soleil ,
est devenu le jour de fête et de repos de Père nouvel]*. Il commence la semaine, au lieu de la terminer comme autrefois. Car la promesse de ce qui devait arriver au cternier jour de la grande semaine de l’Ancien Testaments accompli; la fin est devenue le commencement, et k commencement la fin. Le premier jour de la création est devenu le jour de repos de la rédemption , et la clef de voûte de l’ancienne Église est devenue la pierre fondamentale de la nouvelle Église de Dieu. Le Christ nous apparaît comme le soleil des esprits au milieu des dôme apôtres , qui sont comme les douze signes de ce zodiaque surnaturel, tandis que les évangélistes en sont comme les quatre points cardinaux. La réconciliation du Père par son Fils est confirmée et scellée par l’envoi du Saint- Esprit. C’est à partir de ce moment qne la paix et le salut, que Jésus-Christ avait acquis par sa vie et sa morL pour tous les peuples et pour tous les temps , purent être annoncés au monde tout entier, et que tous les hommes purent être baptisés au nom du Père, du Fils, et do Saint-Esprit,